La petite barbareElle a vingt-trois ans. Trois ans qu'elle est en taule. Trois années qui vont s'achever, de l'isolement à la cellule. Trois années pour revoir sa vie d'avant, l'époque de la barbare à la chevelure envoûtante.

Voilà un premier roman que j'ai lu quasiment d'une traite, comme prise sous le charme et dans les mailles du filet de cette ensorceleuse sans prénom. Astrid Manfredi livre l'histoire d'une femme très puissante, que j'abordais en m'interrogeant, et que j'ai refermé conquise.

Elle n'a pas de nom, ni de prénom. Elle dit je, elle raconte son histoire, des bribes, des instants par ellipses qui lui reviennent. Elle raconte la taule par petites touches, son pouvoir de séduction, la faiblesse des hommes, la frustration de la banlieue, la colère.

La colère, la violence, deux émotions qui se ressentent dans l'écriture de ce premier roman prometteur. Les mots sont lâchés, parfois durs, parfois émouvants. Ils racontent une génération paumée, sans repères, que les parents ont abandonné. Alors on se construit les repères qu'on peut, à base d'escarpins et de paillettes, de cul et de pipes pour augmenter la garde-robe, et de rêves de champagne sur les Champs. Jusqu'au jour où tout bascule.

Avec subtilité mais sans concession, Astrid Manfredi envoie un bon coup de poing à ses lecteurs. On aimerait tant l'aider, cette petite barbare qui n'attend plus rien de personne... Un premier roman de cette rentrée littéraire qui fait particulièrement mouche et à qui on sohaite d'aller très très loin !

Mes remerciements aux éditions Belfond pour cette première découverte de la rentrée littéraire !

Texte © Miss Alfie 2015. 
Édition présentée : La petite barbare, Astrid Manfredi, Éditions Belfond, 2015, 160 pages.