La poursuite du bonheutLe jour de l'enterrement de sa mère, Kate découvre une femme inconnue au cimetière. Quelques heures plus tard, elle reçoit une lettre d'une certaine Sara Smythe qui dit avoir bien connu ses parents et souhaiter la rencontrer. Kate va alors découvrir la vie de celle qui vécu une grande passion avec son père dans l'Amérique d'après guerre.

Ce livre, je l'ai lu une première fois il y a très longtemps, je pense peu de temps après sa sortie en France, donc il y a près d'une quinzaine d'années. Je gardais de ce roman un bon souvenir, et j'ai eu envie de voir comment je l'aborderait avec quelques années de plus au compteur et un autre regard sur mes lectures.

Dans l'ensemble, je confirme l'impression générale positive que j'avais conservé. Le roman est réellement intéressant car il nous plonge dans une époque, dans l'atmosphère des Etats-Unis entre 1945 et 1956. On y suit une jeune femme qui tente de s'émanciper et s'éloigner des diktats et conventions de l'époque : la vie de femme mariée dévouée à son mari ? Très peu pour elle. A ses côtés, son frère, Eric, nègre pour un humoriste, mais aussi homosexuel ayant adhéré quelques années au parti communiste. Deux éléments qui pourraient bien lui causer beaucoup de tracas dans un pays puritain à outrance, rongé entre le culte de la liberté et de l'individualisme et le moule social qu'elle impose. Car le portrait que brosse Douglas Kennedy de l'époque ne fait guère envie... Encore un livre qui amène à s'interroger sur la notion de "rêve américain"...

En revanche, car il faut bien quelques bémols, j'ai trouvé quelques longueurs dans cette lecture, des passages redondants, des réflexions de Kate ou de Sara ressorties de plusieurs manières à plusieurs moments... A croire que l'auteur voulait vraiment accentuer certains aspects... Et cette faculté qu'a l'être humain à tourner et retourner les choses dans sa tête, à ressasser sans cesse plutôt que d'agir.

Cependant, ce charmant pavé contient tous les ingrédients d'une excellente lecture estivale : amour, passion, haine, trahison, amitié... Bref, si c'était à refaire, je le relirai !

Texte © Miss Alfie 2015. 
Édition présentée : La poursuite du bonheur, Douglas Kennedy, traduit de l'angais (Etats-Unis) par Bernard Cohen, Éditions Pocket, Collection Romans étrangers, 2009, 784 pages.