Papillon de nuit1982. Dans une cellule en Caroline du Sud, Daniel Ford attend la date de son exécution. Condamné à la peine capitale pour le meurtre de son meilleur ami douze ans plus tôt, il profite des derniers jours qui s'offrent à lui pour raconter son histoire au Père Rousseau.

Tiens, voilà le premier roman de Ellory, encore inédit en France, et il semble qu'après le succès de tous les romans qui ont été traduits, il n'y ait pas grand risque à le ressortir de la poussière... Enfin, il faut espérer, parce que les premiers romans qu'on ressort comme ça quelques années après avoir bien eu le temps de profiter du talent d'un auteur me semble toujours risqué... Parce qu'un premier roman, c'est parfois des lacunes, des faiblesses, des petits défauts qu'on est prêt à accepter quand on ne connaît pas l'auteur, mais qui peuvent vite faire déchanter les aficionados...

Alors, il donne quoi ce Papillon de nuit ? Et bien si je vous dis que je l'ai englouti en 24 heures, en sachant qu'il fait son petit pavé, ça vous donne une idée ?! Car oui, dès ce premier roman, R.J. Ellory a su faire preuve d'un grand talent narratif et ancré dans l'Histoire des États-Unis, dans les années 60 et 70, dans la ségrégation et le racisme à l'encontre des noirs, sur fond d'assassinat de Kennedy et de guerre du Vietnam...

Daniel, 36 ans, raconte avec beaucoup de simplicité et de clairvoyance son histoire, ce qui l'a conduit à cette cellule. L'intensité dramatique monte au fur et à mesure du récit pour atteindre son paroxysme quand il est transféré dans sa dernière cellule, une semaine avant la mise à mort... Car si on suit Daniel à l'extérieur, on reste également ses côtés dans la prison, dans ce couloir de la mort qui semble interminable mais en même temps définitif...

On pourrait reprocher quelques longueurs par moment, ou une sorte d'éparpillement des sujets (sujets dont certains seront d'ailleurs de nouveau évoqués par la suite par Ellory), mais l'ensemble dévoile un auteur déjà brillant et prometteur.

Je tiens à remercier les éditions Sonatines pour cette lecture, qui m'a également permis de découvrir la nouvelle collection Sonatines + destinée à faire découvrir des inédits, ou redécouvrir des romans passés inaperçus. Côté format, les livres sont dans un format intermédiaires, entre le grand format et le poche, mais s'avère très agréable à manier. Bref, une collection à suivre !

Texte © Miss Alfie 2015. 
Édition présentée : Papillon de nuit, R.J. Ellory, traduit de l'anglais par Fabrice Pointeau, Éditions Sonatines, Collection Sonatines +, 2015, 512 pages.