La promesse de l'aube

Alors qu'il s'appelle encore Roman Kacew, Roamin Gary sait déjà qu'il aura un destin exceptionnel : tel en a voulu sa mère depuis sa naissance. De concessions en actes culottés, elle osera tout pour son fils, celui aux yeux uniques, qui lui-même n'aura de cesse que de protéger celle qui l'a poussée là où il arrivera plus tard, pour la venger des affronts qui lui furent parfois fait.

Parler d'un ouvrage comme La promesse de l'aube est un exercice très délicat. Déjà, il faut savoir reconnaître qu'on a fait une sacrée bêtise en repoussant la lecture de cet auteur français brillant au parcours original. Pourtant, ce n'est pas faute d'en avoir entendu et lu du bien. Mais il y avait un petit quelque chose... Pas sure d'aimer... Jusqu'à ce que des amis proches finissent par me prêter plusieurs titres : si des gens qui me connaissent aussi bien me collent trois ouvrages dans les mains, c'est que ça doit vraiment valoir le coup. Alors soit, je tente !

Découvrir Romain Gary, c'est pénétrer dans un univers où les mots sont magnifiquement agencés les uns avec les autres pour former des phrases pleines de poésies, d'humour, de tendresse, de cynisme, d'ironie et d'émotions. Peut-être que tous les ouvrages de Gary ne sont pas ainsi, peut-être que ceux publiés sous le pseudonyme d'Emile Ajar m'offriront des perspectives différentes, mais La promesse de l'aube en tout cas est un petit bijou de littérature, un plaisir de lecture qu'on voudrait prolonger par instant, relisant sans fin certains passages.

Il faut dire que Gary évoque un sujet que l'on sent extrêmement important pour lui : sa relation avec sa mère, celle qu'elle fut, les sacrifices qu'elle dut consentir pour que lui puisse devenir un homme brillant. Elle voulait faire de lui un ambassadeur de France, un être connu de tous et reconnu. Et elle réussit son pari : Gary devint un militaire, puis un diplomate français, avant de se consacrer à sa carrière littéraire. Et pour raconter cet amour filial d'une intensité profonde, Romain Gary manie la tendresse et l'ironie pour créer un univers où seul sa mère semble diriger le monde d'un claquement de doigt.

Premier ouvrage de cet auteur, La promesse de l'aube m'ouvre les bras de l'oeuvre de Gary, homme survivant, rescapé, levant un coin de voile sur un personnage qui m'intrigue de plus en plus !

Texte © Miss Alfie 2015. 
Édition présentée : La promesse de l'aube, Romain Gary, Editions Folio, 1973, 416 pages.