SB_COUVDe retour à Craw Caounty, Earl Tubb n'a qu'une seule chose en tête : vider la maison du vieil oncle Buhl et repartir au plus vite de cette petite ville d'Alabama qu'il a quittée il y a 40 ans. Il suffira d'une altercation avec quelques locaux au diner du coin pour transformer ce séjour en descente aux enfers. Un enfer taillé sur mesure par Euless Boss, coach de l'équipe de football local et ennemi juré de feu le shérif Tubb, paternel d'Earl.

Encore un conseil du dealer, cette fois-ci au rayon comics. Et pourtant, d'habitude, ce rayon est un peu le coin réservé du fiston. Bon, j'avoue, ce dernier avait aussi lu ce livre et donc appuyé le conseil de départ. Il faut d'ailleurs bien lire la préface avant de plonger dans cette petite ville d'Alabama. Les deux auteurs, eux-mêmes originaires du Sud des Etats-Unis, y expliquent à quel point à la fois ils aiment et détestent leur région d'origine. En partie à cause des pécores crétins qui passent pour être l'apanage du Sud du pays qui mériterait tellement qu'on s'y intéresse pour autre chose.

De fait, on ne peut pas dire que Craw County soit un coin particulièrement accueillant. Un bar-restaurant passablement miteux, des habitants pas très futés et le tout sous la coupe du coach de l'équipe de football qui tient tout le monde dans sa main et fait régner sa loi. Même le shérif local ne peut, ne veut pas faire grand chose. Du coup, quand le fils de l'ancien shérif se pointe et qu'il découvre le tableau, on ne peut pas dire que ça lui fasse top top plaisir. L'histoire est particulièrement violente et la construction du scénario laisse apercevoir quelque chose d'intéressant pour le(s) tome(s) à venir. On pourra éventuellement reprocher la gratuité de la violence et le point de départ anecdotique pour cette escalade mais le rappel à la préface justifie ce choix..

Au-delà des astuces scénaristiques (les coups de fil à une personne que l'on ne connaît pas, la batte du paternel, ...), l'histoire est servie par un dessin au trait anguleux, aux couleurs franches et contrastées et un découpage comics classique. De fait, Southern Bastards propose un début d'histoire qu'il convient de voir évoluer. Plutôt agréable, on attend de voir où les auteurs veulent emmener leur héros et nous avec. A suivre.

NB 1 : Pitch tiré de la quatrième de couvertureNB 2 : Lecture déconseillé à un jeune public

Texte © Alfie's mec, 2015.
Couverture : Southern Bastards, Jason Aaron, Jason Latour (trad. : Benjamin Rivière), Éditions Urban Comics (collection Urban Indies), 2015 (1 tome paru).