SOUCOUPES_COUVPour le plus grand bonheur de tout le monde, les extraterrestres ont débarqué sur la Terre. De tout le monde... sauf de Christian, cinquantenaire dont la vie, partagée entre sa mère handicapée, sa femme distante et sa maîtresse pressante, lui pèse un peu. Mais c'est sans compter sur une rencontre avec un extraterrestre venu en éclaireur et qui veut découvrir la musique de Terre.

"Tiens, ça, on a bien aimé. C'est pas l'album de l'année mais c'est plutôt sympa. En plus y'a un message, c'est toujours sympa." Voilà, le dealer sait trouver des arguments. Bon, là, en l'occurrence, c'est la belle-fille du dealer mais c'est pareil. Un rapide coup d'oeil à l'histoire et au dessin auront fini de me convaincre de plonger dans cet album sur lequel je ne serais pas tombé sinon, ce qui est, vous en conviendrez, le rôle du dealer.

Donc, qu'avons-nous donc dans cet album ? Quel est le fameux message délivré par l'histoire ? Rassurons déjà les lecteurs potentiels qui seraient un peu rebutés par l'aspect science-fiction, extraterrestres, tout ça, ce n'est pas du tout une histoire de science-fiction. On ne sait pas comment ni pourquoi les extraterrestres sont là, mais en fait, on s'en fout, ce n'est pas le fond de l'histoire. Le héros reste notre Christian qui voit un de ces "abrutis en scaphandre" se pointer dans sa boutique de disques qui périclite. Du coup, voilà, un étranger qui se pointe quelque part, comment va réagir l'autre devant l'inconnu, qui va apporter à l'autre, quelles vont être les relations entre les deux, etc., vous avez vite deviné que derrière cette histoire légère parle la tolérance. Oh, rassurez-vous, c'est léger, ce n'est que mon interprétation, ce n'est pas non plus prégnant, on peut se contenter d'une lecture très premier degré. A noter également la petite originalité des échanges entre Christian et l'extraterrestre. Jamais un son ne sort de la machine et pourtant, le héros arrive à le comprendre. On ne sait pas comment ça marche mais on s'en fout un peu, ça marche et c'est tout ce qui compte.

Le dessin est quant à lui tout à fait charmant et un peu rétro. De fait, au vu d'un écran de télévision dans les premières pages, l'action semble se dérouler dans les années 50 ou 60 et le dessin colle parfaitement à cette atmosphère. Chaque lieu de l'intrigue a son ambiance, sa couleur spécifique et bien appuyée. Les personnages sont expressifs et les décors sobres, bref, il n'y a pas grand chose à jeter dans le dessin.

Donc, Soucoupes est une histoire légère et souvent drôle d'extraterrestres qui débarquant sur Terre. Je vais donc m'approprier sans vergogne le résumé du dealer. Ce n'est sans doute pas l'album de l'année mais c'est rafraîchissant, ça se laisse lire avec grand plaisir. Et, après tout, un bon moment de lecture, est-ce que ce n'est pas simplement ce que l'on cherche ? 

Texte © Alfie's mec, 2015.
Couverture : Soucoupes, Arnaud Le Gouëfflec, Obion, Éditions Glénat (collection 1000 feuilles), 2015.