Les promeneurs sous la luneLinh Yu n'est pas super contente. Cela fait plusieurs fois que Napoléon Cavallo pénètre chez elle pour y terminer la nuit à ses côtés. En échange du retrait de la plainte, elle demande à son visiteur du soir de se faire soigner. Le petit problème, c'est que Napoléon souffre d'une forme particulière de somnambulisme et que cette pathologie semble contagieuse.

Si cet album se retrouve dans ma bédéthèque, c'est principalement à cause de son scénariste. N'étant pas totalement aveuglé par les précédents albums de Zidrou (du tragique mais touchant, du pas drôle qui fait réfléchir ou du touchant mais toujours du très bon), j'ai quand même feuilleté quelques pages pour jeter un coup d'oeil au dessin de Mai Egurza et reçu la confirmation du dealer avant de me jeter dans cette lecture. Quelle conclusion devons-nous retenir de cette lecture ? Assez simplement, c'est pénible, un scénariste de talent, ça ne se foire jamais.

Le pitch est donc simple à souhait. Il oppose une jolie teinturière à un flic somnambule qui découvre que sa maladie est contagieuse avec les risques que cela entraîne pour la ville. Si le scénario est simple, il n'en est pas pour autant simpliste. En plus des deux personnages principaux bien rigolos, l'histoire met en scène des personnages secondaires savoureux (la voisine de Linh, le collègue de Napoléon), des chercheurs et médecins un peu déjantés, bref, toute une collection de personnages assez loufoques qui donnent au récit la légèreté qui convient à l'histoire. Petite originalité du scénario, il se divise en quatre chapitres qui reprennent les quatre phases du sommeil avec une jolie aquarelle en tête de chapitre.

Le dessin est quant à lui tout en rondeur et en tons pastel. Première remarque, non négligeable à mon sens, l'héroïne ne rentre pas dans les critères du canon de la beauté de la bande dessinée, à savoir grande, belle, cheveux longs, belle poitrine, fine, musclée, toussa. Non, là, Linh Yu est petite et formidablement callipyge mais n'en demeure pas moins tout à fait charmante. Le découpage des planches se fait sans cases délimitées ce qui "aère" les planches. Au final, les Promeneurs sous la Lune n'est sans doute pas l'album de l'année mais il n'en demeure pas moins une réussite par cette jolie histoire, pleine de tendresse et de légèreté. Pour une fois avec Zidrou, le sourire avec lequel on referme cet ouvrage est un vrai sourire de bonheur et de plaisir.

Texte © Alfie's mec, 2015.
Couverture : Les Promeneurs sous la Lune, Zidrou et Mai Egurza, Éditions Rue de Sèvres, 2015.