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Par petites touches qui sont autant d'instantanés de vie, Kolia convoque les figures, les mots, les paysages qui ont compté : la route des vacances, les filles, Totor le paysan aux cèpes et la maison de famille, des livres, quelques sauterelles, Raspoutine le berger allemand... Des petits riens qui seront tout. (Quatrième de couverture)

Quand j'ai entendu parler de ce livre sur les réseaux sociaux et lu les premières critiques, je me suis dit que c'est un ouvrage qui pouvait m'intéresser. Pourquoi ? Je ne sais pas. Pourquoi pas. Du coup, quand j'ai cherché à me le procurer, la miss m'a mis un violent coup de coude dans les côtes en me disant que les éditions du Livre de Poche comptaient lui envoyer les deux premiers ouvrages de leur nouvelle collection Préludes. Comme quoi, le hasard fait donc bien les choses et je me suis donc retrouvé avec ce Parfum d'herbe coupée dans les narines et devant les yeux.

Autant vous dire que j'ai dévoré ce bouquin. En quelques jours, la plupart du temps sur une terrasse trop petite d'un appartement trop petit d'une petite station de ski (c'est le principe des appartements de stations de ski, me direz-vous...), j'ai lu ces instants de vie, plus précisément des instants d'enfance. Et vous aurez compris que si je l'ai dévoré, c'est que ce roman est en tous points remarquable. 

Partant d'un drame, la mort de son grand-père, Kolia Delessalle écrit une lettre à son arrière-petite-fille qui n'existe pas encore pour lui raconter quelques moments de son enfance et pourquoi ces moments l'ont marqué. Maniant avec merveille l'humour et l'émotion dans le même chapitre, la même phrase, l'auteur se dévoile avec pudeur et douceur. Mais la force de ce roman est de ne pas être un simple enchaînement de souvenirs mais une évocation nostalgique de l'enfance, sans objectif biographique, sans construction chronologique. C'est souvent drôle, c'est parfois émouvant et c'est toujours tendre et sincère. 

Partant de la mort pour terminer sur la vie, Nicolas Delesalle livre donc un très très joli ouvrage. On oubliera les rares chapitres un peu plus faibles que les autres pour ne retenir que l'émotion qui sort de ce bouquin. Assurément un coup de coeur de ce début d'année 2015.

Texte © Alfie's mec, 2015.
Couverture : Un parfum d'herbe coupée, Nicolas Delesalle, Éditions Préludes, 2014.