BANQ_COUV1815, Londres, Nathan Rotschild réalise un incroyable coup en Bourse en spéculant sur la défaite anglaise à Waterloo alors qu'il a les informations sur la victoire. De ce délit d'initié, Charlotte et Christian de Saint-Hubert, Français exilés à Londres depuis la Révolution, comprennent que seul l'argent guide le monde et qu'il leur permettra de retrouver leur lustre perdu.

Aaaaah, voilà un sujet qu'il est intéressant : LA BANQUE ! Ce merveilleux monde composé de personnes tout à fait sympathiques toutes dévouées à t'aider dans tes difficultés en te piquant du pognon quand tu n'en as plus. Je te laisse chercher le sens du truc, personnellement, je n'ai toutjours pas compris. Bref, redevenons sérieux et intéressons-nous au premier cycle de cette nouvelle série paru en 2014 et qui s'intéresse au monde de la banque au 19è siècle. L'originalité de la chose tient à ce frère et cette soeur, personnages de fiction, qui évoluent dans un monde parfaitement réel avec la dynastie Rotschild et le début du capitalisme sauvage. 

Le scénario de ce premier cycle s'étale ainsi sur plus de trente ans, de 1815 et Waterloo à 1848. Cet étalement permet à l'histoire d'avoir le temps de prendre son temps et de ne pas accumuler les rebondissements trop rapidement. Parce que des rebondissements, foutrechien, il y en a des caisses. Retournements de vestes, trahisons, enrichissements, ruines, etc., rien n'est épargné mais tout a un sens au regard de l'histoire. Ainsi, les scénaristes se servent par exemple de Waterloo ou du développement du transport ferroviaire pour y fixer les bases de leur histoire, trépidante au demeurant. A noter également un petit cahier final où les scénaristes apportent des compléments historiques. Toujours bien vu, ces petits cahiers de fin, un vrai bonus utile.

Côté dessin, on retrouve Julien Maffre, déjà croisé sur le très bon Tombeau d'Alexandre. Si on peut parfois reprocher des fonds de cases un peu trop uniformes, le trait n'en est pas moins vif et les personnages expressifs. Le défi du vieillissement des personnages est également réussi même si le frère Saint-Hubert, qui prend un peu cher avec l'âge, ne sera pas très tendre avec son créateur. Au final, La Banque s'avère être une série plutôt bien foutue, intéressante, au scénario bien ficelé et qui permet d'appréhender le monde économique du 19è siècle sur le fond d'une histoire de famille à rebondissements.

Texte © Alfie's mec, 2015.
Couverture T1 (cliquez pour agrandir) : La Banque, Pierre Boisserie, Philippe Guillaume et Julien Maffre, Éditions Dargaud, 2014.