ROUTE_COUV

L’apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres. On ne sait rien des causes de ce cataclysme. Un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d’objets hétéroclites et de vieilles couvertures. Ils sont sur leurs gardes car le danger peut surgir à tout moment. Ils affrontent la pluie, la neige, le froid. Et ce qui reste d’une humanité retournée à la barbarie. 

Y'a des jours comme ça, tu as envie de manger une tartiflette. D'autres jours où tu as envie de partir en week-end, là, comme ça. Et puis il y a des jours où tu te décides à lire des classiques. Oui, bon, d'accord, la Route est un bouquin de 2007, déjà adapté au cinéma mais bon, voilà, je considère que c'est déjà un classique. Pas tant pour sa qualité (puisque, avant de lire un bouquin, on ne sait pas forcément si c'est bien ou pas, c'est assez logique, hein ?) mais plutôt pour tout ce qui l'entoure, l'aura de "grand livre" qui le suit, le film dont je garde un bon souvenir, le prix Pulitzer qu'il a remporté. Bref, attaquons-nous à une épreuve.

Car, d'une certaine façon et par plusieurs aspects, c'est un peu une épreuve que de lire ce livre. D'une part, l'atmosphère est pesante et globalement grise. Quand on lit un livre, on se fait forcément des images, on s'imagine les personnages et le contexte. Si mes personnages avaient forcément la tête de Viggo Mortensen et de l'Enfant (rapport au film évidemment), il est évident qu'ils cheminaient dans un univers gris. Gris de cette poussière qui recouvre le monde. Plus ou moins sombre en fonction du soleil ou de la pluie. Mais gris. Un truc passablement terrifiant.

Ensuite, l'histoire n'est pas des plus rigolotes. Un père et son fils qui errent vers le Sud dans un monde détruit en compagnie de leur caddies rempli de quoi subsister en essayant d'éviter les hordes de bandits probablement anthropophages et sans trop penser à la mère qui, on le comprend rapidement, a préféré en finir plutôt que d'espérer un quelconque salut sur la route. Bref, on rigole pas à chaque page. On ne rigole pour ainsi pas du tout. Pour le coup, quand mon compère de chronique de Terreur conseille de rajouter une couverture à la lecture du livre de Dan Simmons, je crains qu'une couverture ne soit inutile pour allez au-devant des frissons que procurent l'histoire.

Enfin, la narration est de l'ordre du chirurgical. Sobre. Clinique. Des phrases courtes. Des descriptions épurées. Des dialogues à la ponctuation absente (je sais que ça porte un nom particulier mais je l'ai oublié, je vous serais gré de ne pas m'en tenir rigueur). Un peu déstabilisant au début mais on s'y fait rapidement et cette narration ajoute à cette ambiance et à cette atmosphère terriblement angoissante. De fait, la Route mérite largement les éloges qui lui sont faits. C'est un roman puissant, merveilleusement écrit. Je m'affranchis ici de tout exercice de réflexion autour du sujet même si le roman permet effectivement de réfléchir au monde qui nous entoure et à ce que l'Homme en fait. Un must-read, donc.

Texte © Alfie's mec, 2015.
Couverture : La route, Cormac McCarthy (trad. François Hirsch), Éditions Points, 2007 (2009 pour la version poche chez Points).