BN_COUV30 jours avant la fin de la Prohibition, parcours croisés de deux personnages dans les rues de New-York. Jack Doyle est un ancien boxeur qui a décidé de poser les gants pour passer à autre chose. R.J. est un guitariste talentueux qui vient à New-York pour vivre de son art.

"Oh, sinon, y'a Blue Note, je pense que tu as lu le tome 1, y'a le tome 2 qui vient de sortir, c'est bien ça conclut bien la série." Parfois, mon dealer présume de mes achats. Non, je n'avais pas lu le tome 1. Du coup, bon, comme d'habitude, vouant une confiance aveugle à ce garçon fort sympathique, je pris les deux tomes d'un coup dans un joli fourreau et lu cette histoire qui mêle sport, musique et mafia.

Première remarque, si l'histoire est croisée, chaque tome s'intéresse spécifiquement à un personnage. Le premier tome suit Doyle, l'ancien boxeur qui veut passer à autre chose mais que des affaires rattrapent tandis que le second tome suit ce guitariste de jazz qui veut percer à New-York et qui se confronte à la jalousie d'autres musiciens. Malgré tout, dans les deux tomes, on voit des clins d'oeils à l'autre personnage, on voit dans les deux tomes les mêmes scènes vues d'un autre angle et le dénouement de l'histoire rassemble les deux héros avant un final surprise. C'est là l'une des forces de ces albums qui racontent deux histoires qui se croisent régulièrement. Il convient donc de rendre à César ce qui appartient à Mathieu Mariolle puisque c'est ce garçon qui signe cet excellent scénario sans le faire (le mariolle, essayez de suivre, un peu. Ah ah, c'est drôle, je suis sûr qu'on ne lui a jamais faite). A noter pour votre complète culture que Mathieu Marriolle avait déjà signé le formidable Smoke City.

BN_PLQuant au dessin, il est vraiment très chouette. J'ai surtout été bluffé par les planches qui représentent R.J. en train de gratter sa guitare. Mickaël Bourgouin fait sortir de la guitare une musique sous forme de vagues à la limite du psychédélique qui traduit bien l'aspect envoûtant du jazz et le talent du guitariste. Les personnages sont cinématographiques, presque caractéristiques des rôles qu'on leur attribue, que ce soit dans la boxe ou la mafia. Il ne faut pas y voir ici un reproche, c'est plutôt agréable à regarder. Les sentiments, les émotions sont bien retrasncrites, l'ambiance des années trente est bien foutue, le découpage reste classique et sans défaut. Non, il n'y a pas à dire, il n'y a pas grand chose à jeter dans cette série complète en deux tomes. Blue Note est une excellente fiction en deux tomes qui sera un excellent cadeau de Noyel pour un amateur de jazz, de boxe, d'histoires de mafia, de prohibition ou de tout ce qui touche à cette époque aux Etats-Unis. Une belle réussite.

Texte © Alfie's mec, 2014.
Couverture et planche : Blue Note (tome 1), Mathieu Mariolle, Mickaël Bourguoin, Éditions Dargaud, 2014.