NDJV_COUVBuck Shatz est un ancien flic et vit une retraite paisible avec son épouse à Memphis. Quand un ami agonisant sur un lit d'hôpital lui annonce que son pire ennemi est sans doute encore vivant, il songe à assouvir une vengeance qui date de soixante ans. Sauf qu'à 87 ans et malgré un Magnum .387, le garçon n'est plus tout à fait aussi fringant qu'à l'époque où il pourchassaient les malfrats de Memphis.

Encore un titre et un résumé en quatrième de couverture qui ont su me convaincre de me plonger dans cette lecture. D'autant que ce roman est édité chez Sonatine dont il faut reconnaître les choix généralement bien sentis pour ce qui est des polars. Daniel Friedman nous raconte donc l'histoire de ce flic retraité qui par l'intermédiaire d'un ami, se revoit plongé dans les années de guerre et de camp de travail en Europe, humilié et torturé par un soldat allemand dont il apprend qu'il est toujours en vie, quelque part aux Etats-Unis. L'histoire est racontée du point de vue de Buck Shatz, à la première personne.

Le personnage principal est adorable : cynique, presque asocial et franchement misanthrope, bref, toutes les qualités nécessaires chez un homme. Du coup, la narration est tout sauf ampoulée. C'est très drôle, c'est bourré de second degré, bref, c'est vraiment très bien écrit. Les seconds rôles ne sont pas en reste. On notera en particulier le petit-fils de Schatz, le fils de son fils décédé, qui, malgré la fougue et l'inexpérience, arrive à sortir son grand-père de certaines embrouilles.

L'histoire est également bien foutue dans le sens où elle va un  peu plus loin que retrouver cet ancien soldat nazi pour assouvir sa vengeance. On s'approche un peu du raod-movie et du film d'escrocs avec des voyous qui tentent d'échapper à la police après avoir accompli un méfait, on est quand même dans le polar puisque des meurtres sont commis et que tout accuse un personnage principal, bref, il y a plein de choses dans ce roman très réussi et qui restera forcément dans les meilleurs lectures de cette année 2014.

Texte © Alfie's mec, 2014.
Couverture : Ne deviens jamais vieux, Daniel Friedman, Éditions Sonatine, 2012.