abbé mouret

Serge Mouret est curé des Artaud, village payen proche de Plassans. Il partage la cure avec Désirée, sa soeur, depuis la mort de leurs parents ainsi que la Teuse, la bonne. A quelques encablures de là, Albine vit librement dans le parc du Paradou. Atteint d'un mal mystique, l'oncle de Serge, le docteur Pascal, l'y conduit en convalescence.

Un petit Zola de temps en temps, c'est bon pour le moral parait-il ! En tout cas, c'est ce que ma copine Lili se tue à me dire ! Du coup, je suis bien ses conseils, et je poursuis ma découverte de la saga des Rougon-Macquart avec l'histoire de Serge, le fils des Mouret de La conquête de Plassans. Qui a lu l'opus précédent se souvient que ses parents meurent tragiquement à la fin, l'un et l'autre pris de folie, après l'arrivée dans leur maison de l'abbé Faujas, être mystérieux aux ambitions sans fin. Si dans La conquête, la religion se mêlait étroitement à la politique, La faute de l'abbé Mouret s'intéresse à sa mystique, à la religion comme sacerdoce et mode de vie, avec toute la culpabilité qu'elle inculque à ses croyants.

Serge, d'une santé déjà fragile dans sa jeunesse, se donne entièrement à la vierge qu'il prie sans fin, au point d'en tomber malade et d'être soumis comme Adam à la tentation ultime. Car oui, La faute de l'abbé Mouret parle de religion, mais m'a semblé être une métaphore du Paradis de la Bible et des "aventures" d'Adam et Eve. Ceci dit, je mets en garde les petits rigolos qui se diraient "cool, enfin un Zola qui va parler de cul", surtout s'ils ont, comme moi, 10593434_748525485203659_435062243_nentre les mains une vieille édition à la couverture digne d'un roman porno (oui, le truc à droite là...). Non non non. Zola sait extrêmement bien vous décrire les gestes de la messe, a du compulser un paquet d'ouvrages de botanique pour énumérer autant de fleurs, arbres et plantes dans son roman, mais côté sexe, ça se résume en six mots : "Albine se livre. Serge la posséda." Au moins, c'est clair et précis.

Le parallèle entre la tentation d'Adam et Eve est assez flagrant, entre le Paradou, jardin d'Eden luxuriant où les deux amoureux vont succomber à la passion et donc à la tentation, à la sanction morale qui s'ensuit pour l'un comme pour l'autre, mais j'avoue avoir eu du mal avec cette lecture, ne pas avoir réussi à succomber au style de Zola, trop poétique et descriptif à mon goût dans ce roman.

Si La faute de l'abbé Mouret se distingue des autres romans que j'ai lu jusqu'à présent de cette saga en se centrant sur 2 personnages, en semblant occulter le reste de la société, son intérêt m'a semblé amoindri à cause de tout ce temps passé à nous raconter les différentes parties du jardin. Certes, il prend son sens dans l'oeuvre qu'a élaboré Zola, évoquant la religion et sa place dans les mentalités d'alors, mais pris seul, il ne me laissera pas un souvenir grandiose, je dois l'avouer !

Challenge PAL
Une lecture qui s'inscrit dans le Challenge Destination PAL de Lili Galipette...

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...et dans le challenge "Relisons les Rougon-Macquart" de Lili Galipette, George et Miss Bouquinaix !

Texte © Miss Alfie 2013.
Édition présentée : La Faute de l'abbé Mouret, Emile Zola, Éditions Livre de Poche, 1967, 512 pages.