braconnierFin est engagé pour traquer les braconniers qui se servent dans les eaux sauvages. En première ligne, Whistler, l'un de ses amis d'enfance. Les deux hommes verront bien vite ressurgir des souvenirs du passé lorsqu'un avion disparu depuis plusieurs années refait surface avec, à l'intérieur, un corps à identifier...

Voilà le troisième et dernier opus de cette trilogie écossaise dont je vous ai déjà dit tout le bien que je pensais. Et cette chronique va aller dans le même sens... Contrairement à L'homme de Lewis, Peter May refait de Fin le personnage central grâce auquel on va remonter une fois de plus le temps. Après l'enfance de Fin relatée dans L'île des chasseurs d'oiseaux, c'est cette fois à son adolescence et à ses années à Glasgow que le lecteur se trouve confronté.

L'intrigue en elle-même est assez prévisible, ce n'est pas elle qui m'a tenue en haleine tout au long de ce dernier roman, mais plus l'envie de voir comment allaient évoluer tous ces personnages que l'on suit depuis quelques temps : Fin, Marsaili, Donald Murray le pasteur... Ce volume a plutôt tendance à boucler une boucle, à leur ouvrir de nouvelles perspectives et à leur permettre d'enfouir à jamais, on l'espère, les démons de leur jeunesse.

En outre, là où j'ai vraiment apprécié ce roman, c'est que j'étais en plein dans notre road-trip quand je l'ai lu, et les clins d'oeil entre le roman et la réalité furent nombreux. Je pense tout d'abord aux paysages décrits, que je visualisais devant mes yeux, à travers le pare-brise de la voiture qui nous a permis de sillonner les routes écossaises, découvrant les lochs et les montagnes que Fin explore dans le cadre de son nouveau boulot.
DesktopEt puis les deux jours passés à Edimbourg furent l'occasion de quelques clins d'oeil également. Ainsi, lors de notre visite du parlement écossais où une exposition de tissages reprenant l'histoire de l'Ecosse, je suis tombée par hasard sur une toile commémorant le naufrage de l'Iolaire en 1919 évoqué dans Le braconnier du lac perdu. Et je dois le deuxième gros clin d'oeil à toute cette trilogie à la visite du National Museum of Scotland qui expose une partie des figurines du fameux d'échecs de Lewis, lui aussi évoqué dans le roman... Autant vous dire que dans ces conditions, il est bien difficile de ne pas trouver une autre dimension à la lecture du moment !

Le braconnier du lac perdu vient assez justement boucler la trilogie en refermant sur Fin et ses comparses îliens. Un opus peut-être à peine en dessous mais indispensable.

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Ce qu'on en dit ailleurs :

  • Le goût des livres : "Et n'oublions pas le personnage principal, les Iles Hébrides, dont la rudesse compte pour beaucoup dans le caractère de ses habitants et dont on imagine cependant la beauté sauvage."
  • Des bouquins sur l'étagère : "La rudesse des personnages est calquée sur la rudesse de l'environnement dans lequel ils évoluent. La nature sauvage et hostile des Iles Hébrides est toujours aussi présente."
  • Espace temps libre : "L'intrigue policière passerait presque au second plan tellement l'aventure humaine que l'on retrouve dans ces pages est marquante."
  • Plaisirs à cultiver : " Les personnages attachants évoluent au fil des livres et je les quitte à regret. L’île de Lewis avec ses paysages tourmentés va me manquer !"

Texte © Miss Alfie 2014.
Édition présentée : Le braconnier du lac perdu, Peter May, traduit de l'anglais par Jean-René Dastugue, Éditions Actes sud, collection Babel noir, 2014, 362 pages.