LCE_COUVA Jerusalem, alors que le jeune roi Baudoin règne sur la ville et que menacent les Sarrasins menés par Saladin, Guillaume de Tyr, sorte de parrain de Baudoin, apprend l'existence d'un Evangile qui pourrait remettre en question la foi chrétienne.

Voilà une histoire complète en quatre tomes qui vient de se terminer en 2014, six ans après son commencement en 2008. Quand je vous aurai dit que cette série est parue chez Soleil, dans la collection "Les Secrets du Vatican", vous aurez compris pourquoi Jean-Luc Istin est derrière le scénario. 

Parlons-en, du scénario. Avec le pitch, vous aurez compris que Jean-Luc Istin a choisi de toucher à la mode ésotérique qui s'amuse à trouver des bricoles susceptibles de renverser le Vatican, la religion chrétienne, ma bonne dame, le ciel va nous tomber sur la tête, c'est terrible. Du coup, quand on décide de s'attaquer à un phénomène de mode (qui dure depuis un moment, le Da Vinci Code date de plus de dix ans), il faut avoir une histoire en béton. Alors, bon, je ne dévoilerai pas le contenu de ce fameux évangile mais le fait est que, bon, voilà, c'est pas tout ça mais ça casse pas trois pattes à un canard. Ceci dit, si le fondement de l'histoire n'est pas folichon, la construction est plutôt réussie les personnages bien travaillés. Quant au dénouement, je le trouve passable, presque décevant. Il aurait mérité un truc un peu plus enlevé.

En revanche, ce qui est vraiment insupportable dans une série, c'est quand le dessinateur change avec le temps. Quand le trait est plutôt similaire, que les différences se résument à des détails, à la rigueur, ça passe. Mais là, il y a des différences tellement flagrantes, sur les personnages en particulier, que ça en est désagréable. Prenez un simple exemple : ouvrez le tome 3 à la dernière planche et le tome 4 à la première planche. Ce sont sensées être les deux mêmes et pourtant, il n'y a rien en commun. Du coup, pour une série de quatre albums, avoir trois dessinateurs différents est agaçant. Du reste, le dessin n'est pas mauvais pour autant. On a un dessin de facture classique. Je préfère peut-être le dessin de Thimothée Montaigne, plus fin, plus expressif. Et ses couvertures sont absolument magnifiques. 

Au final, Le Cinquième Evangile est une série ésotérique classique, plutôt bien foutue mais sans grande originalité qui ravira les amateurs du genre.

Texte © Alfie's mec, 2014.
Couverture T1 : Le Cinquième Evangile, Jean-Luc Istin et Thimothée Montaigne (entre autres dessinateurs), Éditions Soleil, 2008 (tome 1) et suiv. (4 tomes, série complète)