CP_COUVC'est l'histoire d'une rupture. Amoureuse, musicale, sociale. Une histoire de canal, de filles qui flottent et la brume qui va avec. Une histoire d'enlisement dans le téléchargement de toute la musique du monde. On y raconte qu'établir des listes permettrait d'y voir plus clair. Une histoire de clochards, bien sûr, celle d'une police de l'Humanité.

Commençons par une astuce destinée au blogueur littéraire : quand tu rames pour trouver un résumé du livre que tu as lu, reprends la quatrième de couv. Surtout si elle est bien et que c'est ça qui a fait que tu as voulu lire le livre. Précision personnelle, j'ai entendu parler de ce bouquin quand l'auteur en a parlé sur les rézosossio. Du coup, je lui ai demandé gentiment s'il pouvait m'envoyer un exemplaire ce qu'il a accepté et ce dont je le remercie une nouvelle fois. A noter que Benoit Gallerey est journaliste et on peut le voir sur LCI et l'entendre sur RTL.

Le fait est que les médias, ça attaque sévère le neurone. L'originalité du livre tient en effet dans sa forme, complètement hétéroclite et hétérogène, entre la pièce de théâtre, le roman et texte encadrés (qui représente des billets qui arrivent dans la boîte aux lettres d'un des personnages). Et pour le coup, une fois qu'on se fait à cette forme particulière, le fait est que ça marche, qu'on rentre dans l'histoire et qu'on s'intéresse aux quatre personnages principaux que sont les trois clochards et Fabien, jeune homme qui vient de se faire larguer et qui passe son temps à télécharger toute la musique du monde afin de la noter et d'en sortir la substanfique moelle que seraient les chansons notées 5 étoiles. Quant aux trois clochards, ils appartiennent à une société secrète dont je ne parlerai pas ici afin de ne pas trop spoiler.

De fait, sur cette forme originale vient se greffer une histoire absolument improbable et complètement barrée. Pour le coup, j'ai eu un peu de mal à m'accrocher à cette histoire dont on ne sait pas trop où elle veut nous emmener. On retrouve des filles mortes dans le canal mais ce n'est pas tout à fait un polar. On parle de clochards et de leur situation mais ce n'est pas tout à fait (pas du tout) une étude sociologique. Malgré tout, au fil de l'histoire, Benoît Gallerey arrive à distiller quelques réflexions sur le monde actuel et il faut peut-être y voir un objectif.

De fait, avec Canal Police, on tient entre nos mains un OLNI (Objet Lisible Non-Identifié) qui se distingue d'un ouvrage classique par sa forme très originale mais pourtant accrocheuse et par une histoire à dormir dehors debout. Le dernier chapitre qui se veut une annexe est un petit récit chronologique d'anticipation qui colle bien avec les réflexions sociétales qu'on peut trouver au fil de l'histoire. Une lecture tordue, pas forcément facile mais rafraîchissante.

Texte © Alfie's mec, 2014.
Couverture : Canal Police, Benoît Gallerey, Éditions Noir au Blanc, 2014.