MICRO_COUVIl était une fois des tâches...

Quand le dealer m'a dit que cet album était vachement bien, j'ai sottement répondu que "ouais mais bon, le dessin de Larcenet, je ne suis pas super fan." Cruelle erreur. J'ai fini par ouvrir ce livre format à l'italienne et lu quelques gags puisqu'il s'agit d'un enchaînement de gags mettant en scène des tâches. Et j'ai ri. Du coup, j'ai craqué.

- Je te jure, tu pues un maximum, c'est insoutenable !
- C'est parce que j'ai vidé ma fosse septique.
- Et pourquoi tu laisses pas faire un professionnel ?
- Ben c'est pas si simple : elle était remplie de cadavres d'enfants.

Après un petit préambule où Manu Larcenet nous explique donc comment il en est venu à faire cet album (comme quoi les enfants sont formidables quand ils font des conneries), on enchaîne. Une page un gag. C'est toujours drôle mais, mais mais... attention, ça peut ne pas être drôle pour tout le monde. Voir la petite citation ci-dessus. Si l'humour un peu gras, un peu trash ne te fait pas forcément rire, il est probable que cet album ne soit pas pour toi. Pas du tout.

- Le corps qui ne répond plus, l'esprit qui se délite, la vue qui baisse... J'ai tellement peur de vieillir...
- Ah ouais ? C'est marrant, moi, ça me fait rien...
- Bah évidemment, t'as déjà le SIDA, une dépression et en plus, t'es aveugle.

Le dessin est simpliste mais la mise en scène et le "décor" permet d'apporter au gag. Et cette apparente simplicité permet justement de laisse plus d'importance au texte à la mise en scène pour mettre le gag en valeur. On a donc près de 150 gags qui parle de cul, de dépression, de SIDA, de réacteur nucléaire et aussi de cul. C'est une vraie tranche de rire que cet OVNI BDesque et donc une vraie réussite.

Texte © Alfie's mec, 2014.
Couverture : Microcosme, Manu Larcenet, Éditions Les Rêveurs, 2014