PQESR_COUVSuite à une rencontre avec Anaïs, sublime rousse qui va le faire chavirer, l'auteur devient monomaniaque des femmes rousses. Il s'inscrit sur Meetic à la recherche de ces femmes trop rares.

Remarque préliminaire : Lecture pour adultes

Depuis quelques semaines, vous avez vu passer des chroniques de littérature érotique. Du très mauvais et du plutôt pas mal. Du coup, j'ai profité du Salon du Livre de Paris pour visiter le stand de la Musardine, éditeur spécialisé dans "la chose". Ca m'a permis d'une part rencontrer Stéphane Rose, l'auteur de ce livre (et accessoirement attaché de presse de la Musardine). D'autre part, après échange sur mes premières lectures de la Musardine, je suis reparti avec un paire d'ouvrages susceptibles de coller avec ce que je recherche. Dont celui-là puisque j'ai rencontré l'auteur, essayez de suivre, didiou. Et le fait est que, sans être d'un érotisme torride, sa lecture s'est avérée plutôt accrocheuse.

Personnellement, je n'ai pas d'attirance pour les rousses. Et je ne dis pas ça parce que la miss, brune, me menace d'une chaise à l'heure où je rédige cette chronique. Du coup, l'idée de rentrer dans la tête d'un homme pour qui une rencontre va bouleverser ses envies et ses fantasmes est plutôt intéressante. Pourquoi la rousseur attire-t-elle donc l'auteur ? On vient rapidement (en fin de première page) sur le cliché de l'odeur spécifique des rousses. L'odeur d'Anaïs va l'envoûter mais son expérience l'amènera à conclure que toutes les rousses n'ont pas cette odeur spécifique.

A partir de cette rencontre, on suit le cheminement psychologique sur la relation de l'homme à son désir. Le fait est que de ses recherches sur Meetic découleront tout un tas de rencontres qui parcourent l'éventail des femmes : plus ou moins jeunes, plus ou moins extraverties, plus ou moins jolies (quoique l'auteur fasse une distinction entre "belle" et "jolie"), plus ou moins portées sur le sexe, etc. Si la diversité des rencontres peut paraître cliché (comme ça, hop, pas de discrimination), elle permet au moins la progression dans le raisonnement de l'auteur qui passe par un simili-fétichisme un peu névrosé pour finir par s'interroger sur la pertinence d'une telle passion. 

C'est globalement bien écrit. Je n'ai pas encore parlé de l'aspect érotique. Comme dit plus haut, l'érotisme, les scènes de cul à proprement parler, là n'est pas l'objectif du bouquin (j'utilise volontairement ce terme que déteste visiblement Stéphane Rose). Alors, évidemment, de temps en temps, on a une scène un peu chaude mais elle est expédiée de telle façon à revenir dans le fond du sujet lui-même étayé par des références et des citations. Bref, une lecture pas follement excitante mais intéressante pour l'intérêt de la démarche d'un homme dans une quête spéciale.

Texte © Alfie's mec, 2014.
Couverture : Pourvu qu'elle soit rousse, Stéphane Rose, Éditions La Musardine, 2013