LANCELOT_COUVLe seigneur félon Claudas des Terres Désertes envahit les terres de son ennemi, Ban de Benoïc et assiège son château. Tentant de s’enfuir pour quérir l’aide du roi Arthur, Ban meurt, laissant son unique enfant, Lancelot, entre les mains de la dame du lac, Viviane. La prophétie est en train de s’accomplir. A un détail près. Lancelot est... une fille.

S'attaquer à la légende arthurienne est casse-gueule. Surtout quand le postulat de départ que l'on instaure est aussi novateur. Une femme dans le cercle des chevaliers du cercle arthurien, vas-y, amuse tes amis. D'autant que bon, moi, y'a des histoires, des légendes comme ça, j'aime pas trop quand on tripote trop pour en faire des trucs originaux. Quand on cherche à créer la jeunesse de Merlin, c'est original et ça marche parce qu'il n'y a pas forcément beaucoup de littérature sur le sujet. Quand on ressort Merlin de sa prison de pierre pour un quête un peu déjantée, c'est rigolo mais ça finit un peu par tourner en rond. Donc là, faire de Lancelot une femme, j'étais un peu perplexe mais quand même curieux de voir ce qui en avait été fait.

Attachons-nous au déjà au dessin puisqu'il n'y a sur ce sujet aucune controverse à faire. Le trait et les personnages sont caractéristiques des aventures d'heroic fantasy. Les hommes sont grands et forts, les femmes sont belles avec des gros seins. Que du classique. Ce qui finit par être passablement fatigant de voir toujours les mêmes femmes à gros boobs dans les histoires de fantasy. Toutefois, j'ai eu l'impression que le trait s'affinait, s'affirmait et s'améliorait au fur et à mesure de l'histoire. Plus crayonné à partir du tome 2, les personnages prennent également en profondeur et les expressions du visage sont plutôt bien rendues. 

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Du coup, c'est plus l'histoire que l'on va regarder, voir ce qu'on fait de ce Lancelot femme. Autant dire que sur cet aspect, c'est plutôt décevant. A partir de la trame de base de la légende arthurienne (Lancelot élevée par Viviane après a mort de son père, l'amour de Guenièvre, etc.), Istin et Péru essaie d'ajouter la féminité à l'histoire. Viviane fait apparaître Lancelot comme un homme aux yeux des autres afin de ne pas compromettre son évolution. Du coup, si cette dualité est connue du lecteur, elle n'apparaît vraiment et n'intervient dans l'histoire que très ponctuellement dans les premiers tomes et vraiment dans le dernier. Du coup, si l'idée de base de faire de Lancelot une femme pouvait faire un bon moyen de renouveler le triangle Arthur - Guenièvre - Lancelot,  je trouve le truc quand même sous-exploité. Pour en revenir au dessin en liant au scénario, plutôt que de faire de Lancelot une bombasse, il aurait peut-être été plus judicieux de faire de Lancelot un être androgyne pour semer le trouble dans son entourage.

Lancelot est donc une série complète en quatre tomes dont l'idée de base, quoiqu'originale et intéressante, est selon moi pas assez travaillée pour faire de cette série un truc incontournable. Le dessin, classique mais de qualité, de cette série ne suffit pas à faire oublier le scénario un peu léger. Du coup, sans totalement décevoir, Lancelot ne m'a pas non plus emballé. On pourra donc quand même s'intéresser par curiosité à cette série pour le pitch.

Texte © Alfie's mec, 2014.
Couverture T1 et planche T3 : Lancelot, Jean-Luc Istin, Olivier Peru et Alexe, Éditions Soleil Celtic, 2008-2014.