hotel particulierDans un immeuble, une des habitantes se suicide. Vêtue de sa chemise, elle revient hanter les appartements, découvrant l'envers du décor aux côtés des félins qui en savent bien long sur les habitants...

Une fois n'est pas coutume, ce n'est pas l'homme mais moi qui me suis laissée tentée chez le dealer. Il faut dire qu'ils ont vite vu que Sorel, j'accrochais. Mais si les deux autres albums dessinés par Guillaume Sorel étaient des adaptations de romans, Hôtel particulier le place dans le double rôle de dessinateur et scénariste.

Côté scénario d'abord, il faut accepter de se laisser transporter dans un univers onirique où le fantastique est légion. Ceci dit, rien qu'en lisant mon pitch qui cause un fantôme, vous vous en serez douté si vous êtes un peu futés (ce dont je ne doute pas un instant !). Mais Sorel va plus loin, créant des personnages et des situations pleines de références littéraires, que ce soit le miroir qui m'a nécessairement fait penser à Lewis Carrol ou à ce voisin étrange qui arrive à convier dans son appartement tous les personnages de romans, des 3 mousquetaires à Miss Marple. Au-delà de cet aspect fantastique, c'est la vie d'un immeuble que Sorel dépeint, les secrets qui se cachent derrière les portes closes et les fenêtres fermées.

hotel1Sur le plan artistique, faut-il une nouvelle fois vous redire combien j'aime le trait de ce dessinateur ? J'avoue avoir un peu regretté le choix de couleurs, entre sépia et gris, tant les aquarelles de ces deux autres albums ont pu me subjuguer, mais cela confère à l'ensemble un aspect intemporel mystérieux. De même, son trait se prête magnifiquement à la sensualité inhérente à cette histoire, et plus d'un homme devrait succomber aux courbes d'Emilie.

Un petit regret néanmoins, qui lui enlève le stade de coup de coeur, c'est ce sentiment d'inaboutissement du scénario. L'histoire se termine mais laisse de nombreuses interrogations sur le destins de bien des personnages croisés et passionnants. Que deviendront-ils ? Seule mon imagination pourra me donner une réponse...

Ce qu'on en dit ailleurs :

  • D'une berge à l'autre : "Hommage aux contes fantastiques de Poe et Maupassant, Hôtel particulier entretient une sorte de doute permanent, entre rêve, folie, surnaturel et réalité, le tout saupoudré d’une belle dose de sensualité."
  • Bar à BD : "Un conte urbain aussi étrange que captivant, une intrigue fascinante qui se dévore d’une traite."
  • Sin City : "Guillaume Sorel propose donc un huis-clos particulièrement onirique dépourvu de réel fil rouge, mais proposant de découvrir plusieurs tranches de vies, ainsi qu’une histoire d’amour entre la jeune fantôme et un artiste qui habite l’immeuble."

Texte © Miss Alfie 2014.
Édition présentée : Hôtel particulier, Guillaume Sorel, Éditions Casterman, 2013.