ALVALM_COUVLe commandant Lanester enquête avec son équipe sur une série de meurtres qui présentent la même mise en scène, en particulier un oeil noir peint au plafond dans la pièce dans laquelle se trouve le cadavre. Brusquement, du jour au lendemain, Lanester perd la vue. Comment faire pour poursuivre l'enquête ? Assisté de son second et d'un chauffeur de taxi un peu envahissant, il tente néanmoins d'arrêter celui qui est surnommé Caïn.

Avec la miss, on a rencontré Françoise Guérin aux Quais du Polar en 2013. Auteure avec des faux-airs de Chantal Neuwirth tout à fait sympathique et qui prend le temps de discuter et de plaisanter un peu avec les personnes qui viennent la voir. C'est suffisamment rare pour être signalé. Du coup, j'ai feuilleté les livres qu'elle présentait et je me suis fixé sur le premier livre qui fait apparaître son personnage récurrent de Lanester, d'autant que l'histoire me paraîssait sympa. A noter que ce livre a fait l'objet d'une adaptation télévisuelle avec Richerd Berry. Ne l'ayant pas vu, je ne pourrai pas vous dire ce que j'en ai pensé.

Du coup, je vais me contenter de vous parler du bouquin qui ne restera pas dans ma mémoire comme un polar sensationnel. Attendez, ne fuyez pas, ce n'est pas non plus un calvaire à lire, loin de là. Question de ça, c'est même plutôt bien écrit. La plume est légère, le style se veut simple et sans fioriture. Pour le coup, c'est réussi, ça se lit avec plaisir.

Non, c'est plutôt le scénario que j'ai trouvé plutôt quelconque. La raison principale est la sous-utilisation des personnages secondaires qui font office de fausses pistes. Dans un polar, c'est classique, l'auteur t'emmène d'un côté ou de l'autre pour mieux te perdre dans tes hypothèses avant de te sortir un dénouement inattendu. Autant le dénouement est effectivement inattendu, autant les fausses pistes sont sous-exploitées. Il y a deux personnages secondaires (dont je tairai l'identité pour ne pas divulguer l'histoire) qui peuvent appraître au fil du scénario comme des suspects potentiels. Surtout un. Sauf que, quand vient le moment de le disculper, il ne se passe plus rien derrière avec eux. L'un des deux personnages est abandonné comme une vieille guenille au bord de la route tandis que l'autre sert de vecteur à une rencontre du héros et à une ultime fin (hors contexte de l'enquête) un peu "bons sentiments Joséphine Ange Gardien".

Du coup, si le pitch de base de l'histoire (la cécité passagère du héros) permet de créer un nouvel univers particulier où les autres sens sont décuplés, l'histoire en elle-même n'est pas fondamentalement bouleversante. A la vue, à la mort est un polar sympathique et sans prétention quii ne me laissera toutefois pas un grand souvenir.

Texte © Alfie's mec, 2014.
Couverture : A la vue, à la mort, Françoise Guérin, Éditions du Masque, 2007.