LFAM_COUVLes 20 et 21 août 1914, les soldats provençaux sont lancés dans la Bataille de Lorraine sur ordres des généraux. Attendus par les Allemands et leur artillerie, ils se font passablement cueillir et dix mille soldats tombent sous les obus en peu de temps. Pour le généralissime Joffre, il s'agit d'une défaite dramatique qu'il convient nécessairement de relativiser pour ne pas que les Français ne perdent pas espoir. De fait, il met la responsabilité de cette débâcle sur les soldats du Sud du pays, réputés moins courageux.

1914-2014. Un siècle que la Grande Guerre commençait. A une vache près puisqu'elle a commencé au milieu de l'été. Du coup, on commémore l'évènement. Il faudra prendre quand même deux minutes pour m'expliquer pourquoi on commémore le début d'une guerre, mondiale qui plus est. T'imagines les cerveaux ? "Hey, mec, y'a cent ans, on a commencé à se mettre sur la gueule avec les copains teutons, ça a fait des millions de morts all around ze world, si on fêtait ça ?" Ce à quoi l'autre répond "Mais ouais, grave la bonne idée, on va faire des conférences, des buffets, des expos, des banquets, des films et on boira un coup pour arroser tout ça." Le premier reprend "Mais, boire un coup ? T'as pas peur que ça fasse un peu répétitif avec les banquets et les buffets ?" ... Bref, je trouve ça un peu con de commémorer le début d'une guerre plutôt que la fin. A la rigueur, qu'on commémore Verdun parce que, bon, niveau boucherie, ce fut pas mal sanglant, pourquoi pas mais revenez le 11 novembre 2018 pour vos commémorations. Vous m'objecterez le devoir de mémoire, toussa, ce à quoi je dis que certes mais je n'ai pas attendu 2014 pour me souvenir de cette période qui m'intéresse. Des ouvrages qui parlent de la Grande Guerre, j'en cause ici et .

LFAM_PLBien, redevenons un peu sérieux et revenons à La Faute au Midi. J'ai découvert ce nouvel album de Dan scénarisé par Jean-Yves le Naour lors de mon passage chez le dealer. Dan était en dédicace en compagnie de Laurent Galandon et Damien Vidal venus pour un autre ouvrage dont vous parlera la miss en temps utile. Du coup, dessin de Dan que j'aime beaucoup et histoire (méconnue) sur la Première Guerre Mondiale, j'ai rapidement dit banco. Passons donc vite sur le dessin, on retrouve le trait caractéristique du dessinateur avec des personnages très bien foutus et, notamment, les politiques de l'époque, reconnaissables. 

L'histoire s'attache donc à un épisode méconnu (pour ne pas dire ressorti des oubliettes) de la Première Guerre Mondiale. Avec la complicité du sommet de l'armée et du gouvernement, la responsabilité de la défaite dans une bataille a été portée sur un régiment méridional. Avouons que pour remobiliser les troupes et unir un pays face à l'ennemi, il y a quand même mieux. Les conséquences seront multiples : démission du ministre mais, surtout, condamnation à mort pour mutilation volontaire d'un blessé de cette bataille par un Conseil de Guerre fantoche. Tout est détaillé dans cet album qui est, en outre, complété par un carnet de huit pages en fin de livre. Le carnet reprend les différents aspects de l'histoire (le contexte, la bataille, les soldats) et rentre un petit peu plus dans le détail, le tout étant accompagné d'esquisses de Dan. Au final, ce carnet fait un peu redondant avec l'album puisque, s'il rentre un peu plus dans le détail, ne nous en apprend pas beaucoup plus. Il n'empêche que, à l'image des albums de la série Explora, l'ajout de ces carnets explicatifs est toujours un plus dans une bande dessinée qui se veut culture-généralienne. Aussi, La Faute au Midi permet sous le joli dessin de Dan permet de connaître cet épisode méconnu mais néanmoins intéressant.

Texte © Alfie's mec, 2014.
Couverture et planche : La Faute au Midi, J.-Y. Le Naour et A. Dan, Éditions Grand Angle, 2014.