une si belle imageQui était vraiment Jackie Kennedy ? Qui se cachait derrière l'image parfaite qu'elle donnait à voir au monde entier ? Quelle place avait-elle réellement dans le couple mythique qu'elle format avec John Fitzgerald Kennedy ? Autant de question auxquelles Katherine Pancol tente d'apporter quelques réponses...

Publié en 1994, autant dire au lendemain du décès de Jackie Kennedy, Une si belle image est une biographie qui se lit comme un roman. Il faut dire aussi que le destin de cette femme a des airs de romans, des airs d'Autant en emporte le vent plusieurs fois cité dans le récit.

Jackie Kennedy nait en 1928. Elle meurt en 1994. Entre ces deux dates, une vie d'apparence et de maîtrise que Katherine Pancol relate. Mais dès le début, elle égratigne l'image parfaite donnée au monde. Dès le début, elle laisse à penser que tout n'est pas aussi simple que cela le paraît. Dès le début, elle brosse le portrait d'une femme déterminée.

"Toute son énergie, elle l'emploiera à entretenir cette image si parfaite, si belle, si lisse qu'elle surveillait attentivement, découpant les photos, les articles parus sur elle, se constituant d'énormes albums qu'elle feuilletait. Rien ne devait transparaître de son intimité sans on approbation. Parce qu'elle avait compris que son siècle allait être un grand dévoreur d'images, elle refusa obstinément de se laisser prendre au piège et de devenir un objet." (p. 13)

Jackie apparaît comme une maîtresse femme, une femme qui veut maîtriser sa vie dans une Amérique pétrie de convenances. Puisque sa mère l'incitera à ne pas faire de vague, c'est son image qu'elle maîtrisera toute sa vie, à défaut d'avoir la main sur sa vie réelle. Car en épousant John, elle n'imagine pas les difficultés qu'elle va rencontrer. Lui est décrit comme un ambitieux, qui tente de se faire une place dans une famille qui a du mal à lui en accorder. Un peu comme Jackie d'ailleurs... Et puisqu'il préfère courir la donzelle plutôt que d'être à ses côtés, c'est dans la décoration et l'apparence que madame Kennedy va se réfugier : les passages concernant leur arrivée à la Maison blanche est en la matière édifiants. Il faut tout refaire, laisser son empreinte, que l'on puisse dire que les Kennedy étaient parfaits. Du moins en apparence.

Car dès que l'on se penche derrière le voile que Jackie pose sur sa vie, on découvre une personnalité beaucoup plus complexe, oscillant entre la lumière et l'ombre.

"Être star ou ne pas l'être. Cette ambiguïté va poursuivre Jackie toute sa vie." (p. 59)
"Elle était plus profonde, plus complexe que cette belle image qu'elle imposa d'elle. Image qui lui servit à la fois de bouclier et de bouée de sauvetage." (p. 242)

Son rapport aux hommes est particulièrement symptomatique. Ses deux maris rassemblent les mêmes caractéristiques que son père, tant adoré de Jackie mais qui connut une déchéance et une chute vertigineuse. C'est donc aux côtés d'une mère avide d'argent, qui ne voulait qu'une vie de luxe et de calme que Jackie grandit, une mère peu aimante qui laissa des traces dans l'existence de Jackie, dans ses choix. La petite fille devint grande, mais continua à imaginer une vie de roman, comme elle le faisait enfant dans sa chambre. Une vie qui ne pouvait passer que par l'argent, par l'avoir. Et si elle ne pouvait avoir l'amour, elle avait les vêtements, les chaussures, les objets.

Dans cette biographie qui se lit comme un roman, écrite avec un style fluide et passionné, Katherine Pancol nous livre l'histoire d'une vie qui constitue une saga à elle seule. La bibliographie finale stipule bien que Katherine Pancol n'a rien imaginé dans les faits relatés. Peut-être a-t-elle tout au plus imprégné de sa vision cette vie loin d'être aussi formidable qu'il n'y parait lorsque l'on feuillette les pages des illustrés de l'époque.

Ce qu'on en dit ailleurs :

  • Accro aux mots : "Derrière ce beau sourire qui la caractérisé tant, se cachait en réalité une femme blessée. Qui aura pour leit motiv de toujours sauver les apparences et ne jamais montrer ses faiblesses."
  • L'univers de Mathilde : "J’ai apprécié la richesse des "anecdotes" et des témoignages qui sont recensés dans ce roman. De plus le style est fluide, je n’ai pas du tout eu l’impression de me lancer dans la lecture d’une biographie."

Texte © Miss Alfie 2014.
Édition présentée : Une si belle image, Katherine Pancol, Éditions Points, 2012, 247 pages.