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Il pleut sur la casse automobile Marchado. A l'intérieur de cette petite entreprise se sont réfugiés quatre jeunes suite à un casse qui s'est passablement mal déroulé puisque l'un d'eux est salement amoché. Le gérant de la casse devient leur otage. Comment les braqueurs vont-ils se sortir de là en échappant à la police et en remettant l'argent du casse à leur commanditaire ?

Avec ce début d'année 2014 relativement pauvre en bandes dessinées formidables, il faut savoir reconnaître les bons albums. Du coup, mon dealer m'a orienté vers ce polar paru chez Casterman dans la collection KSTR. Dans cette collection, j'avais déjà trouvé 3 fois rien (qui reste à ce jour le seul album de Benjamin Jurdic), album qui racontait... un braquage qui se passait relativement mal. Du coup, il est aisé de faire le parallèle entre les deux albums.

Commençons par le dessin. Il pleut tout le temps sur cette foutue casse automobile. De fait, ça crée une ambiance sombre, lourde, pesante qui colle bien au scénario. Le trait des personnages est presque caricatural, très exagéré, leur donnant des têtes très spéciales. Les émotions sont bien retranscrites, le travail sur les mouvements et l'action est plutôt bien foutu. Enfin, les couleurs sont appuyées, très contrastées, contribuant elles aussi à cette ambiance lourde.

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Le scénario est également très bon. Si le début de l'album est un petit peu compliqué à suivre puisqu'il raconte trois moments différents avant de s'ancrer dans le temps présent, une fois que tout est posé (contexte, personnages, etc.), l'alternance entre présent et passé par le biais de flash-backs est plutôt sympa et permet de relier les deux histoires au méchant de l'histoire. Encore que le dénouement, inattendu et surprenant sans être décevant, nous amène à penser que le méchant n'est pas forcément celui qu'on croit. 

Pour conclure, Succombe qui doit (j'adore ce titre - ainsi que la couverture - qui pose d'emblée les choses) est un album à côté duquel je serais probablement passé si mon dealer ne me l'avait pas proposé. C'est une agréable surprise, un excellent polar où l'ambiance sombre joue énormément sur sa réussite.

Texte © Alfie's mec, 2013.
Couverture : Succombe qui doit, Rica et Ozanam, Éditions Casterman (collection KSTR), 2014.