GLACE COUVDans une vallée encaissée des Pyrénées, au petit matin d'une journée glaciale de décembre, les ouvriers d'une centrale hydroélectrique découvrent le corps sans tête d'un cheval, accroché à la falaise. Ce même jour, une jeune psychologue prend son premier poste dans le centre psychiatrique de haute sécurité qui surplombe la vallée. Le commandant Servaz, flic hypocondriaque et intuitif, se confier l'enquête la plus étrange de toute sa carrière.

Notez tout d'abord que je vous ai bêtement recopié la quatrième de couverture pour le pitch. Et en le recopiant, je me rends compte que celui ou celle qui l'a écrit n'a pas super bien lu le livre. D'une part, ce corps de cheval est retrouvé accroché à un pylone et, d'autre part, quand un centre psychiatrique est planqué au fin fond d'une vallée, je ne suis pas sûr qu'on puisse sérieusement dire qu'il la "surplombe". Mais bon, je m'attache à des détails, je suis bien d'accord, c'est pour rire, hein. Notez que c'est quand même grâce à ce pitch que je me suis procuré ce bouquin. Bon, c'est pas ça qui me fait dire que le bouquin est pas terrible, non, c'est autre chose...

Parce que quand je dis "pas terrible", je ne dis pas nul non plus. Juste pas terrible. Oh, ce n'est pas que ça se lit mal, non, non, ça se lit même plutôt bien, c'est un page turner somme toute classique, le petit cliffhanger à la fin du chapitre, le retournement de situation à la fin, bref, tous les codes y sont. Pour le coup, c'en est presque banal dans la construction, il n'y a rien qui m'a transcendé.

Sans casser trois pattes à un canard, le scénario est quant à lui plutôt pas mal même si, là encore, des détails, viennent gâcher le tableau. Le héros ne sait pas se servir d'une arme et a le vertige. Du coup, il fait flic dans les Pyrénées. Logique. L'auteur nous place une intrigue secondaire avec la fille du héros sans rien en faire à la fin. Du moins, il en fait quelque chose de parfaitement inutile. Je voyais le truc qui se raccorcher d'une façon ou d'une autre à l'histoire principale mais non, rien. Vers la fin, le flic a son coupable, il en est convaincu, tout le monde le sait, tout le monde va le chercher et quand ils le chopent, notre brave héros explique que bon, il sait que c'est pas cette personne la coupable, il en est convaincu. Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il l'a fait brusquement changer d'avis ? On ne saura pas. Le personnage de la psy en centre fermé aurait pu être un perso principal mais elle devient complètement secondaire au fil de l'histoire. Elle ne devient qu'une paire d'yeux qui permet de voir ce qui se passe dans cet asile particulier. Bref, des trucs qui font que ça marche pas top.

Mais le principal reproche qu'on fera à Glacé, c'est de sacrément pomper ses références à droite et à gauche et, surtout, vers les Rivières Pourpres, tant le bouquin (un flic un peu à la marge dans une vallée montagneuse avec un centre psy un peu à part) que le film (le dénouement avec une avalanche dont le héros se sort miraculeusement). Bref, on a ici à faire avec un polar pas inintéressant mais pas non plus super génial à faire lever les foules. On utilise un qualificatif qui va bien dans ce cas : quelconque.

Texte © Alfie's mec 2013
Couverture : Glacé, Bernard Minier, Éditions Pocket, 2011.