CQLCOUVFabien est surveillant au Louvre. Il aime Mathilde qui essaie tant bien que mal de vivre del'interim. Quand Mathilde décide de présenter Fabien à sa famille, ce dernier est un peu tendu (on le serait à moins). Les frères et le père de Mathilde, des bons vivants du pays angevin qui ont réussi dans le meuble, exhument alors une toile d'un ancêtre de la famille et demande à Fabien de faire en sorte qu'il soit exposé au Louvre.

Faisons un petit rappel de présentation. D'un côté, Etienne Davodeau, un auteur génial. Pour vous en convaincre, je vous propose de lire le monument qu'est les Ignorants (BD de l'année 2011 élu pas moi-même) mais aussi Rural ! ou Les mauvaises gens. Davodeau sait produire une bande dessinée de reportage puissante, intéressante, complexe et riche. Un auteur génial, donc. De l'autre côté, la série consacrée au Louvre. Je n'ai lu qu'un ouvrage, Un Enchantement, qui ne m'avait pas laissé un souvenir impérissable. Autant dire que j'étais curieux de voir ce qu'Etienne Davodeau allait produire comme histoire.

On retrouve le trait de Davodeau, là-dessus, pas de suspense. L'ensemble est en noir et blanc avec un travaille sur les nuances de gris. Côté Louvre, Davodeau rend bien l'atmosphère du lieu, que ce soit les salles surfréquentées ou les coins plus secrets. Il s'attache à des petits détails et, comme dans tous ses albums le fait toujours avec humour (la main de la Victoire de Samothrace, les visiteurs qui ne cherchent QUE la Joconde).

CQLPLParlons maintenant de cette histoire, purement fictionnelle, mettant en scène ce brave Fabien qui se démène avec sa belle-famille de crétins passablement dégénérés et une société secrète imaginaire pour faire entrer une croûte d'une laideur sans nom dansle plus grand musée de France. C'est globalement gentil, souvent drôle mais ça n'atteint pas non plus des sommets. La faute à cette belle-famille à laquelle on ne parvient pas à s'attacher : bêtes, sexistes, machistes, crédules, vénaux, ils ont nombre défauts et guère de qualités pour remonter le tableau (t'as vu l'image ? Tableau, Louvre ? Le rapport à l'histoire ? Hein ?). Seule "lumière" dans cette famille, Mathilde, qui fait le lien entre le héros et sa famille. L'autre partie de l'histoire touche à cette société secrète qui, sans trop dévoiler l'histoire fait vivre au Louvre une histoire, des histoires parallèles. C'est sympathique, c'est original, c'est bien pensé, là-dessus, pas grand chose à redire.

Malgré tout, avec l'aura que j'avais d'Etienne Davodeau, je suis à peine déçu de cet album. Bon, il n'y a pas lieu non plus de le jeter par la fenêtre, ça reste un album sympathique dans son ensemble. On retiendra quand même l'idée de base du scénario qui a le mérite d'être originale et bien traitée et le dessin de Davodeau qui rend un bel hommage au personnage muet mais essentiel de cette histoire, le Louvre. Du coup, cette série d'albums consacrés au Louvre m'apparaît un peu décevante quand bien même le musée y est très bien mis en valeur, la faute à des histoires un peu légères.

Texte © Alfie's mec  2013
Couverture et planche : Le Chien qui louche, Etienne Davodeau, Éditions Futuropolis, 2013.