air d'étéAlors qu'Isabel Dalhousie prépare un nouveau numéro de la Revue d'éthique appliquée qu'elle dirige, elle est contactée par l'une de ses amies : un riche collectionneur, Duncan Monrowe, s'est fait volé un tableau et souhaite qu'Isabel l'aide à retrouver son bien.

Alexander McCall Smith est un auteur déjà évoqué sur le blog puisque j'avais lu il y a maintenant très longtemps 44, Scotland Street et il y a un peu moins longtemps Mma Ramotswe détective. Il faut croire qu'il y manquait quelque chose pour que je ne poursuive ni l'une ni l'autre des séries... Néanmoins, lorsque les Éditions des Deux Terres m'ont proposé de découvrir le nouveau titre de cet auteur, j'y ai vu l'occasion de faire connaissance avec la troisième héroïne phare d'Alexander McCall Smith : la philosophe Isabel Dalhousie.

Le problème lorsqu'on découvre une série par le dernier opus sorti, c'est qu'il manque quelques épisodes préalables pour comprendre et mieux connaître les personnages. Si j'avais commencé par le premier volume, Le club des philosophes amateurs, j'aurai peut-être eu une autre perception de la vie et du personnage d'Isabel Dalhousie. Ceci dit, le fait de ne pas avoir été présentée en bonne et due forme ne m'a pas empêcher de rapidement comprendre qui est qui dans cette histoire somme toute simple...

Enfin, je dis cette histoire, mais je devrai dire ces histoires, car on se retrouve au final avec trois intrigues : la disparition du tableau, les angoisses d'Eddie le serveur, et le talent plus ou moins forcé de Charlie le fils d'Isabel pour les maths. Du coup, côté intensité du suspense, on peut faire mieux... J'ai eu régulièrement la sensation que l'auteur se dispersait et que la disparition du tableau n'était qu'un prétexte pour raconter une histoire et introduire plein de réflexions psycho-philosophiques plus ou moins drôles, plus ou moins chiantes.

On touche là au point crucial de mon manque d'enthousiasme... A tout bout de champ, pour quelque prétexte que ce soit, voilà que cette brave et riche Isabel se met à philosopher sur l'air du temps, les relations parentales, la vie en générale, etc. Je suis ressortie de cette lecture avec un goût mitigé en bouche, hésitant entre le rire de réflexions parfois dignes des discussions de comptoir et les soupirs d'une lectrice qui a surtout envie de se divertir et ne cherche pas des leçons de morale... Si on ajoute à Isabel un côté "Bisounours", autant vous dire qu'elle m'a un peu agacée, la philosophe...

Heureusement, Alexander McCall Smith réussit à introduire quelques touches d'humour qui viennent rehausser et épicer l'ensemble... Même si j'en ai relevé trop peu à mon goût...

"Chez Martha, ces ajustements neurologiques qui nous aident en général à ne pas dire n'importe quoi étaient soit inexistants, soit défaillants, créant ainsi un court circuit. Au fond, il s'agissait là d'un problème de branchements. Finalement, considérer ces gens du strict point de vue des défaillances électriques encourage une plus grande tolérance." (p. 27)

Si vous avez déjà apprécié les opus précédents de la série, filez chez votre libraire récupérer cette toute nouvelle aventure. Pour les autres, testez plutôt en vous plongeant dans les premiers romans du genre et en gardant bien à l'esprit que les enquêtes d'Isabel restent de simples prétextes pour l'auteur pour amener quelques réflexions philosophiques...

Mes remerciements aux éditions des Deux Terres pour la découverte de ce personnage dont j'avais entendu parler depuis longtemps !

Texte © Miss Alfie 2013.
Édition présentée : L'air d'été est rempli de promesses, Alexander McCall Smith, traduit de l'anglais par Martine Skopan, Éditions des Deux Terres, 2013, 256 pages.