PFAADans la ville de Pandore, plusieurs personnages bien barrés se croisent. On y trouve Nake, une jeune fille qui vient de perdre sa grand-mère qui lui a laissé pour seul héritage une boîte d'allumette. Quand elle en gratte une, elle a des visions qui se révèlent être vraies. On a trouve également l'inspecteur Cooper et son lieutenant, Michou, un travelo. Et on a surtout Mémé Cornemuse qui vient se greffer là-dessus. Bienvenue à Pandore !

Le retour de Mémé Cornemuse !! Pour ceux qui auraient loupé le premier épisode, le personnage allumé de Mémé apparaît pour la première fois dans Les Vacances d'un Serial-Killer. Du coup, j'avais pas mal accroché au premier roman, je me suis procuré le deuxième en profitant de la présence de Nadine Monfils au Quais du Polar de Lyon cette année. Petit bout de bonne femme gouailleuse qui n'hésite pas à monter sur la table pour pouvoir accéder à sa place dans le stand, l'auteure/autrice/auteur (rayez la mention inutile, je ne veux froisser personne) est tout à fait sympathique et bavarde avec ses lecteurs. Toujours intéressant à rencontrer, donc.

Mamie Cornemuse était un personnage secondaire dans le premier roman (en ayant quand même une certaine importance pour l'histoire) mais le personnage étant tellement fantasque, il méritait de revenir en deuxième semaine, je remets 100 francs dans le nourrin,à vous Cognac-Jay, à vous les studios, je ne vous entends plus. Du coup, là encore, si Mémé (qui tient son petit nom de Cornemuse pour le fait qu'elle aime bien souffler dans le biniou des garçons) n'est pas l'héroïne à proprement parler, son personnage est tellement essentiel que l'histoire tourne autour d'elle. A côté, on retrouve toujours la caricature outrancière mais tellement bien écrite : le flic solitaire et renfrogné qui vit avec un chien, le travelo homo exubérant et la jeune fille un peu à la marge, grunge, etc.

C'est toujours aussi bien écrit, toujours aussi bien rythmé, toujours aussi déconnant. Du coup, l'histoire est presque secondaire. Je dis bien "presque" parce qu'on la suit quand même. Mais l'univers est tellement foutraque qu'on s'y plonge avec un plaisir non dissimulé en oubliant un peu ce qui se passe. On s'attache aux personnages, aux faits divers à côté de l'histoire, aux détail, bref, Nadine Monfils réussit à imaginer un truc complètement barré mais très cohérent. Elle ajoute même une once de magie ou de féérie avec ces chapeaux boule, personnages un peu irréels.

Hormis un chapitre en fin de roman que je trouve cul-cul la praline et complètement différent du reste de l'histoire, ce court roman est une petite merveille d'humour et de délire absolument réjouissante. Je le trouve même supérieur au premier roman de la série.

Texte © Alfie's mec 2013.
Edition présentée : La Petite Fêlée aux Allumettes, Nadine Monfils, Editions Pocket, 2013.