1540-1Cécile et Alice se sont rencontrées très jeunes. La vie les a éloigné l'une de l'autre. Alors que son mari termine ses valises et quitte le domicile conjugal, Alice tente de comprendre pourquoi elle s'est séparée de Cécile. Plongée dans le coma, Cécile livre à Alice un dialogue muet avec sa compréhension de leur histoire.

Les séparées est un roman qui a beaucoup fait parler de lui lors de sa sortie l'an dernier chez Sabine Wespieser. Blogueurs, libraires, nombreux furent ceux qui défendirent ce livre. Encore une fois, sa sortie en poche m'a incité à me jeter dessus pour découvrir ce que j'avasi retenu comme étant une pépite... Et encore une fois, je devrais sérieusement arrêter d'attendre trop des bouquins, parce que je finis déçue alors qu'au final, ils ont beaucoup de qualités...

Kéthévane Davrichewy nous raconte l'histoire de deux femmes que la vie, les actes, les choix ont conduit sur des routes divergentes alors que plus jeunes, elles n'avaient aucun secret l'une pour l'autre... Ou du moins le croyaient-elles. Pour cela, elle nous les présente aujourd'hui, chacune à un moment charnière de leurs vies, ou tout peut basculer d'un côté ou de l'autre. Dans ce dialogue invisible, on explore leurs personnalités, leurs failles et leurs sentiments jusqu'à ce que se dessine non pas une, mais plusieurs fissures dans leur relation.

On en vient à s'interroger sur l'amitié, l'amour, et (encore une fois) sur l'histoire qu'on porte en soi. Une fois de plus, on se demande si tout dire est nécessaire, ce qu'il faut taire, et ce qu'il faut au contraire dire, sur quoi se base une relation d'amitié. A première vue, on pourrait avoir tendance à juger ces deux jeunes femmes, à leur reprocher tous ces non-dits. Et puis on pense à sa propre histoire. On s'interroge : et moi, ai-je toujours été parfaite avec mes amis ? Ai-je toujours tout dit, quand il le fallait, comme il le fallait ? Et on se tait.

S'il ne m'a pas semblé révolutionner le genre (l'origine, ou les origines de la brouille des deux jeunes femmes étant un peu "classiques"), Les séparées est intéressant tant par sa forme narrative que par les réflexions qu'il pourra provoquer chez ses lecteurs. Je regrette néanmoins que l'auteur ne soit pas allée plus au-delà dans son histoire, qu'elle nous livre juste par touche et parfois par sous-entendus certains épisodes, alors qu'il y a un vrai potentiel dans certains événements... Une lecture en demi-teinte finalement, mais qui ne laisse pas indifférent...

Mes remerciements aux éditions 10/18 pour cette lecture !

Ce qu'on en dit ailleurs :

  • Mille et une pages : "Ce roman est à mon goût une petite pépite, un de ces romans qui vous prend par la main, mine de rien, sans prétention affichée et qui vous retourne la tête et le coeur."
  • Cathulu : "Il ne me reste pas grand chose de ce roman, juste l'impression que l'auteure est passée à côté d'une histoire qui se laisse deviner à travers les interstices du roman"
  • Conduite en état livresque : "Si le roman semble très travaillé, la fin me paraît bâclée justement parce que ce dont je parle plus haut n'est pas expliqué, mais aussi parce qu'elle laisse le lecteur dans l'expectative de ce qui va arriver."
  • Lettres exprès : "Le roman est plus et mieux que cela, un retour nostalgique sur le début des années 80, les parcours de deux femmes par rapport à leurs idéaux de jeunesse, les illusions perdues qui les détournent l’une de l’autre."

Texte © Miss Alfie 2013.
Édition présentée : Les séparées, Kéthévane Davrichewy, Éditions 10/18, Collection Domaine français, 2013, 164 pages.