fletrissureUn homme âgé est retrouvé mort par sa gouvernante. Tous les indices semblent indiquer qu'il s'agit d'une exécution. Mais la police s'interroge sur une série de chiffres laissée par le meurtrier : 16145... Lorsqu'un deuxième cadavre est retrouvé, l'équipe oscille entre le règlement de compte et le tueur en série...

J'avais acheté ce bouquin à l'automne, alors que je cherchais quelque chose de prenant que je pourrai lire pendant mes révisions hivernales. L'épaisseur du bouquin m'avait finalement fait renoncer, et j'ai profité d'un week-end calme pour le ressortir, histoire de changer un peu des romans de la rentrée littéraire que je suis en train de découvrir et dont je vous parlerai à l'automne. Sur Twitter il y a quelques jours, Vendredi Lecture nous interpellait en nous demandant les qualités qui, pour nous, font un bon roman. Lili Galipette y répondait que le fond et la forme devaient être de qualité pour qu'on puisse parler d'un bon roman. Je ne peux que la rejoindre et brandir ce titre en contre-exemple...

Si l'intrigue tient à peu près la route (et encore, certaines ficelles sont tellement grosses qu'elles ressemblent à des cordages de marin...), le style m'a fait beaucoup de peine... Il faut dire que je sortais d'un roman noir très poétique que j'aurai l'occasion de vous présenter dans quelques semaines, et certaines lourdeurs et passages totalement inutiles dans la narration m'ont fait presque rire... Qu'en a-t-on par exemple à faire que Pia n'ait plus de sous-vêtements propres et se retrouve à lancer une machine à laver au petit matin ?! Pourquoi raconte-t-elle à cette amie retrouvée des années plus tard qu'elle a été violée ? Aucun intérêt pour la suite de l'histoire... Bref, les détails inutiles, tout autant que les personnages, fourmillent dans ce roman : près d'une vingtaine de personnages, pas toujours pertinents, au point que je me suis même fait une liste au début de ma lecture, c'est dire !

Si le style m'a littéralement gavé, ne vous arrêtez pas forcément sur ce roman pour son intrigue. La trame générale est intéressante, mais elle est assez mal exploitée et j'avoue être surprise de trouver un bouquin de ce genre chez Actes Sud : je l'aurai largement plus vu chez un éditeur de best seller pour plage... A plusieurs reprises, j'ai bondi en voyant des choses évidentes passer à l'as. Ou alors, les enquêteurs mis en scène dans ce roman sont de très très mauvais flics à l'esprit bien ralenti... Ils ont le chic pour ne pas entendre les éléments importants d'un interrogatoire ou pour ne pas explorer des pistes qui semblent évidentes (celle de la suite de chiffres par exemple... A moins que ce soit mon esprit déformé par la lecture de polars...). Quant aux rebondissements, ils sont tellement nombreux qu'on fini par ne même plus s'en étonner... Ce bouquin qui fait près de 500 pages auraient pu en faire 200 de moins et être bien meilleur... Quantité et qualité ne font pas toujours bon ménage.

Vous vous en rendez compte, mes critiques négatives sont assez rares, je mets facilement mes déceptions sur le compte du contexte, du moment parfois mal choisi, de la sensation d'être passée à côté de quelque chose d'intéressant. Mais là, non, que dalle. J'ai trouvé ce roman mal écrit et lourd. C'est tout.

Ce qu'on en dit ailleurs :

  • Le blog de Dasola : "Les nombreux rebondissements nous tiennent en haleine jusqu'au bout, mais le défaut que je trouve à ce roman, c'est qu'il comporte un peu trop de péripéties à mon goût, surtout vers la fin."
  • Lili's world : "Flétrissure nous confronte à des faits historiques et des traits de l'humanité peu reluisants, ce roman nous plonge dans un secret de famille tenace et gardé à n'importe quel prix."
  • Chez Canel : "Une lecture vraiment laborieuse, donc, à l'inverse d'un thriller réussi qui ferre son lecteur et lui fait tourner les pages de plus en plus vite."

Texte © Miss Alfie 2013.
Édition présentée : Flétrissure, Nele Neuhaus, Éditions Actes Sud, Collection Babel noir, 2012, 496 pages.