bettyC'est Betty qui l'y a conduit. Aucun doute là dessus. Mais qu'est-ce qui a pu se passer pour finir en tôle ?... De toute façon, dans un triangle amoureux, il y a toujours quelqu'un en trop...

Voilà un roman dont j'ai lu la seconde moitié d'une traite, tranquillement installée dans mon salon, tant Indridason fait exploser son talent dans cette intrigue. Oui, je vous lâche l'essentiel dès le début : ce bouquin est dément !!! Bon, j'ai lu en furetant sur le net qu'Indridason s'était librement inspiré d'un autre chef d'oeuvre de la littérature noire, Le facteur sonne toujours deux fois. Mais comme je n'ai jamais lu ce roman initial, j'ai été totalement transportée par l'intrigue.

A première vue, on pourrait se dire qu'il n'y a rien de bien nouveau : un triangle amoureux, un personnage de trop. Néanmoins, le ton est donné dès le début avec cette narration intime. Enfermé en prison, le narrateur va se pencher sur ce qui s'est passé, tenter de comprendre comment il a pu en arriver là où il est aujourd'hui.

"J'aurai dû le prévoir.
Et pendant la nuit, dans l'obscurité, voilà que le désir fou, le désir fou de la revoir m'envahit. Si seulement je pouvais la revoir une fois encore. Si seulement nous pouvions être ensemble, ne serait-ce qu'une fois encore.
Malgré tout." (p. 10)

Betty est un roman sombre, qui joue avec la psychologie de ses personnages et les nerfs de ses lecteurs. La première moitié de l'intrigue voit se mettre en place les rôles de chacun, et puis... Et puis tout bascule. Les masques se lèvent, les apparences se révèlent autres, bref le lecteur réalise qu'il a peut-être été dupé... Et là, je vous promets, la seule chose à faire est de relire la première moitié du livre, en se disant qu'on a sûrement manqué quelque chose, que notre oeil a du laisser filer un indice... Mais non. Je crois que cette fois, il faut s'incliner devant le talent d'Arnaldur Indridason. Car au-delà de la machination qu'il met peu à peu au jour, Betty nous entraîne aussi dans les affres de la passion, celle qui dévore et qui ronge, celle qu'on ne maîtrise plus, celle qui commande sur la raison...

Autant j'étais un peu restée sur ma faim avec sa série policière, autant j'ai adoré l'ingéniosité de l'auteur de Betty, qui en fait un roman surprenant où la manipulation est reine, un roman puissant...

Ce qu'on en dit ailleurs :

  • Du noir dans les veines : "L'histoire est plus celle d’une fascination qu'un roman à intrigue, c'est le récit d'une obsession, et on a l'impression de tourner en rond fidèle en cela à la pensée de quelqu'un qui refuse de comprendre ce qui lui arrive."
  • Cathulu : "Un cran en dessous de la série du commissaire islandais mais un bon moment quand même."
  • La Cause littéraire : "Diamant d’un noir étincelant, Betty est un chef-d’œuvre du genre. Un chef-d’œuvre qui va compter dans la littérature noire. Donc dans la littérature tout court."

Texte © Miss Alfie 2013.
Édition présentée : Betty, Arnaldur Indridason, traduit de l'islandais par Patrick Guelpa, Éditions Points, Collection Romans noirs, 2012, 237 pages.