PACCOUVUn U-Boot (sous-marin allemande de guerre) croise quelque part au milieu de l'Océan Pacifique. Un jeune militaire rejoint l'appareil en tant que radio. Dans son paquetage, on découvre un livre, interdit de surcroît. L'équipage s'en débarrasse séance tenante mais l'ouvrage réapparaît quelque jours plus tard...

Bien, encore une chronique où je ne suis pas encore sorti des ronces. D'autant qu'elle m'a été conseillée par mon dealer et que - c'est suffisamment rare pour être signalé (ça doit être la 2è fois en quelques 5 ans de fréquentation) - j'ai été déçu. Surtout par la fin mais j'y reviendrai plus tard. Commençons par l'originalité de cet album : la forme. L'ouvrage est un format à l'italienne. Que les plus ignares d'entres vous jettent un coup d'oeil en haut à gauche de la chronique et fassent jouer leur perspicacité ou ce qui s'en rapproche. Il s'agit en effet d'un format horizontal qui apporte un plus non négligeable à l'histoire qui se déroule pour l'essentiel dans le huis-clos du sous-marin. Pour coller à l'ambiance, "le format horizontal s'est imposé pour faire "corps" aux proportions allongées d'un U-Boot (tiré du cahier graphique en fin d'ouvrage sans doute réservé à la première édition.

PACPLCôté dessin (puisque vous avez compris que je m'attarderai sur le scénario plus tard), là encore, c'est une réussite. Le dessin est précis et le huis-clos est retranscrit par les couleurs sombres et rouges du sous-marin en plongée. Le découpage des planches est irrégulier et peut laisser place à des des cases soit régulières, soit verticales soit en longueur quand la planche n'est pas occupée par une seule image. Le dessin permet donc à l'histoire de conserver son rythme. A noter également les recherches sur les costumes et le sous-marin qui permet à l'ensemble d'avoir une certaine cohérence.

Malheureusement, sur le scénario, y'a comme un problème. Deux même. Dont un qui n'est sans doute pas essentiel. Le premier concerne fameux livre. On voit ce livre circuler entre les mains des différents membres d'équipage, on devine sa couverture, on ne lit jamais le contenu et on se dit que le dénouement nous dira de quel livre subversif (pour l'époque hitlérienne, le terme "subversif" était relativement large, hein...) il s'agit, quel est ce livre qui donne des idées particulières aux marins, bref, la source de tous les maux et la clé du scénario. Hé bien, vous le voyez venir donc ce n'est pas totalement un spoil, rien, que dalle, nada. Alors, effectivement, ce n'est sans doute pas essentiel, le lecteur peut aussi se faire une idée ou imagine quelque chose d'autant que, comme je l'ai précisé plus haut, la liste des livres interdits sous le régime du petit moustachu était aussi longue qu'un jour sans pain. De même, l'extrème dénouement, c'est-à-dire les trois quatre dernière planches, je ne l'ai pas compris. Là encore, j'imagine que le lecteur a à se faire son idée mais je trouve que c'est plus embêtant qu'un détail de scénario. Alors, de deux choses l'une, soit je suis complètement con (ce qui est envisageable, n'ayons pas peur des mots) et j'ai loupé un truc qui m'explique tout ce que je n'ai pas compris, soit c'est un "vide" volontaire et ça ne me sied guère dans la mesure où je ne suis qu'un petit garçon qui aime bien être guidé et avoir suffisamment de clés pour comprendre une histoire. Ces deux détails plus ou moins importants m'ont suffisamment embêté pour que cet ouvrage, pourtant original dans sa forme, ne m'enchante pas plus que ça.

Texte © Alfie's mec 2013.
Couverture : Pacifique, Trystram & Baudy, Éditions Casterman, 2013.