7MLes craintes de Malthus étaient-elles justifiées ? Trop d’humains vont-ils être présents sur la Terre ? L’avènement des pays émergents nous pousse à le croire. Jadis les hommes mouraient assez vite, emportés par des guerres ou des épidémies. Ceux d’aujourd’hui vont vivre centenaires et la médecine progresse. Comme ils jalousent leurs contemporains les plus favorisés, ils parviendront, bientôt à égaler leur consommation. Notre planète, dont les ressources sont forcément limitées, ne résistera pas longtemps à cette marée prédatrice, à moins qu’elle ne s’organise pour la contenir et la discipliner. L’homme doit donc transformer radicalement ses manières de vivre pour faire face à cette menace. Il y parviendra en poursuivant deux idéaux essentiels : l’Écologie et l’Équité. et en renonçant à la course internationale à la puissance démographique.

Faire un pitch pour un essai, c'est un peu tendu. Dans ce cas, pif paf, solution de facilité, tu prends le résumé de la 4è de couverture et tu en fais une brève synthèse. C'est gagné, ni vu ni connu, bien joué l'aveugle, c'est toi le meilleur. Après, il s'agit de gagner du temps sur la rédaction même de la chronique. Parce que, sur le fond, tu ne sais pas trop quoi en dire. Déjà, le bouquin, on te l'a offert. C'est super sympa. Bon, c'est pas comme si tu ne l'avais pas demandé à Masse Critique de Babelio, hein. Mais t'en avais demandé deux autres et c'est celui-là que t'as eu. Sans doute parce que tu étais tout seul dessus. On va pas se mentir, le malthusianisme, entre ceux qui pensent que c'est une façon de brasser le malt pour faire de la bière et ceux que ce mot de quatre syllabes laissent les yeux écarquillés et la bouche bée, y'a pas beaucoup de personnes que ça intéresse. Mais moi si. Et c'est une raison pour s'attaquer à cet essai. Et là, pour le coup, tu viens de plier un bon paragraphe de ta chronique. Sans savoir ce que tu vas dire derrière. Mais un paragraphe, quoi !!

Alors, le matlhusianisme, c'est quoi ? Il s'agit d'une théorie émise au 18-19è siècle par un brave garçon nommé Malthus. Le principe de base est le suivant. La population mondiale croît (du verbe croitre, notez l'accent circonflexe). La production de biens croît. Sauf qu'à un moment, la production sera telle qu'elle ne pourra subvenir aux besoins de toute la population. De plus, la planète est un environnement fini, les ressources ne sont donc pas inépuisables. Bref, pour résumer, Malthus, ce con, prévoyait un scénario catastrophe alors que bon, hein.. hem... Pour résoudre ce problème, il prévoyait plusieurs solutions : faire en sorte que la population ne croisse pas éxagérément, limiter pour ne pas dire supprimer l'assistance aux plus démunis, etc. Adaptées aujourd'hui, si la suppression des aides paraît inenvisageable, il convient de réfléchir à la croissance de la population mondiale.

En effet, les pays que l'on nomme pudiquement "en voie de développement" et leurs habitants ont développé une certaine croissance du niveau de vie et aimeraient bien vivre aussi bien que le monde occidental. Sauf que ce n'est juste pas possible. Si les dix milliards d'habitants qu'il y aura sur la Terre dans 40 ans veulent avoir le même niveau de vie que les Occidentaux, cela nécessite des chaînes de productions énormes et, surtout, une destruction de ressources naturelles limitées encore plus rapide que ce qui se passe aujourd'hui. L'essai propose donc une réflexion sur la production de proximité en proposant le remplacement de la TVA par la TVR, Taxe sur la Valeur Retranchée, qui serait, selon l'auteur miraculeuse. Il est dommageable que la présentation de cet aspect soit relégué dans une simple annexe du texte principal. D'autant, que, et c'est là juste mon avis, le principe est un peu fumeux et les industriels seraient les premiersà trouver des moyens de contourner cette taxe.

Au-delà de ça, le texte est relativement confus et difficile à suivre dans son raisonnement et sa construction un peu anarchique. Le fait que je sois déjà relativement convaincu de la partinence du propos ne m'a pas fait ouvrir les yeux sur quelque chose que j'ignorais jusqu'alors. Aussi, ce bouquin aurait pu être intéressant pour qui ne maîtrise pas assez le sujet s'il le propose n'avait été aussi abscons et limité à l'aspect population. Le développement durable (quelle expression à la con puisque le but est JUSTEMENT de ne pas se développer) est global et ne se limite pas à la population. Les autres aspects (productivité, outils de production, ressources, production de gaz à effets de serre, etc.) sont trop survolés pour que l'ensemble soit intéressant. De plus, ce genre de propos s'accompagne idéalement de schémas explicatifs qui font ici cruellement défaut. Il s'agit donc ici d'un essai infructueux.

Texte © Alfie's mec 2013.
Couverture : Sept milliards d'idividus et nous ?, Gérard Orthlieb, Éditions Chapitre 12, 2013.