hotel adlon1934. Berlin prépare ses jeux olympiques, mais les Américains pourraient bien décider de les boycotter. A l'Hôtel Adlon, on négocie sec entre représentants américains et nazis. Bernie Gunther observe tout cela depuis son poste de détective d'hôtel, jusqu'à ce que sa patronne lui demande d'escorter une jeune journaliste américaine en quête de l'argument qui forcera le boycott...

Voilà la sixième enquête de Philip Kerr qui met en scène Bernard Gunther. Pour ceux qui n'auraient pas suivi La trilogie berlinoise et ses suites, Bernard Gunther est un ancien flic de la police allemande, au parcours chaotique et qu'on peut aisément qualifier d'opportuniste... Régulièrement sur le fil, Gunther n'hésite pas à franchir la ligne blanche quand il s'estime en danger, à utiliser les réseaux d'anciens nazis pour fuir l'Europe et à mouiller dans des affaires parfois plus ou moins claires... N'empêche, Gunther, c'est le genre de mec qu'on aimerait bien avoir dans son entourage tant il arrive à se sortir des situations les plus improbables, et généralement avec classe...

Une douce flamme l'avait laissé fuyant l'Argentine dans les années 50. On le retrouve ici vingt ans plus tôt, dans une Allemagne nazie où l'antisémitisme croit peu à peu. L'intérêt de ce bouquin, au-delà de l'enquête parfois complexe et rocambolesque, est clairement le contexte historique autour duquel l'intrigue se met en place... Enfin, je dis LE contexte historique, mais en fait, ce sont LES contextes historiques et politiques puisqu'aux deux tiers du roman, on quitera l'Allemagne nazie pour l'île de Cuba en faisant un bond dans le temps pour atterrir en 1954. Si je connais assez bien la première période pour avoir lu pas mal d'ouvrages sur la question, notamment Dans le jardin de la bête qui se passe dans la même décennie, j'ai été agréablement surprise de découvrir l'histoire de Cuba. En effet, Gunther va se retrouver aux côtés des défenseurs de Fidel Castro, alors jeune politicien rebelle emprisonné et qui finira par renverser cinq ans plus tard le président cubain...

Un nouvel opus des aventures de Gunther vient de sortir. J'espère avoir la possibilité de le lire rapidement car a priori, on reste principalement dans l'après-guerre, ce qui a tendance a mieux me convenir car il s'agit d'une période que je connais moins. Ceci dit, Philip Kerr nous livrera sûrement en parallèle une vieille enquête comme il en a l'habitude dans tous ses derniers romans.

Texte © Miss Alfie 2013.
Édition présentée : Hotel Adlon, Philip Kerr, traduit de l'anglais par Philippe Bonnet, Éditions Livre de Poche, 2013, 672 pages.