les paysClaire est née dans le Cantal. Elle découvre Paris lors d'un Salon de l'agriculture dans son enfance. Elle y retournera pour faire ses études et s'installera à la capitale.

J'ai toujours de la peine à critiquer négativement un livre, mais je dois parfois me résoudre à constater que le choix opéré était loin d'être judicieux... Les pays fait partie de ses livres qui ne resteront pas dans mon panthéon littéraire et qui pourraient rejoindre Je ne suis pas un écrivain japonais au rang des bouquins parisianistes et élitistes. Peut-être allez-vous me dire que je suis drôlement dure, mais tant pis. J'ai mis trois semaines pour lire un livre de deux cent pages, m'endormant ou soupirant toutes les deux pages.

Déjà, il faut que je vous avoue que j'ai été extrêmement surprise et un peu déstabilisée de tomber nez-à-nez avec le nom du minuscule village dans lequel j'ai passé quelques étés, étés qui ne comptent pas au nombre de mes meilleurs souvenirs tant j'en garde un souvenir ennuyeux et solitaire. Peut-être cet élément totalement subjectif a-t-il contribué à jeter un voile plutôt négatif sur ce roman.

Cependant, avant même que Saint Saturnin et la Santoire n'apparaissent, j'avais déjà relevé un style littéraire loin de me plaire : les phrases à rallonge, les descriptions interminables et les adjectifs multiples sont de moins en moins ma tasse de thé. J'aime une écriture simple, dénuée de fioriture, alors que j'avais devant les yeux un roman au style désuet et ampoulé totalement en décalage avec l'histoire de cette jeune femme née dans une ferme et qui monte à la capitale... En rédigeant cette chronique, je crois que c'est le décalage entre la simplicité du milieu d'origine de Claire et cette narration emphatique qui m'a gênée, traduisant une certaine condescendance à l'égard des simples gens sans instruction.

Après, l'intrigue en elle-même est loin de maintenir le lecteur en haleine. Claire monte à la capitale. Elle fera ses études de lettres à la Sorbonne et deviendra prof. Point. On apprend quelques bribes de sa vie par des digressions permanentes à la vue du cartable d'un prof, d'une odeur dans le métro, etc. Cette technique aurait pu être intéressante, sauf que le style narratif à chaque fois m'a totalement parasitée et que je n'ai pas réussi à trouver un peu de poésie et d'intérêt dans cette histoire...

Je ne doute pas que certains lecteurs encensent ce livre. Je leur laisse ce plaisir et m'en retourne vers des romans plus prosaïques et simples qui m'offriront évasion et détente.

Texte © Miss Alfie 2013.
Édition présentée : Les pays, Marie-Hélène Lafon, Éditions Buchet Chastel, 2012, 208 pages.