TVVILLCédric Villani est mathématicien et chercheur. Avec son compère Clément Mouhot, il s'attaque à la démonstration d'un théorème qui portera in fine son nom et lui permettra d'obtenir la prestigieuse Médaille Fields, la plus grande récompense qu'un mathématicien puisse obtenir.

Aaaah, les mathématiques... J'en vois déjà certains qui détournent déjà les yeux de cette chronique. RESTEZ LA !! J'en vois d'autres qui se souviennent avec un léger sourire d'une ancienne chronique où je présentais l'excellentissime recueil de chroniques de Denis Guedj. Voilà, vous, je vous aime bien. Déjà, première remarque, si vous feuilletez le livre et que le hasard vous amène entre les pages 156 et 165, ne prenez pas peur, tout le livre n'est pas cette longue succession d'intégrales et d'égalités barbares qui feraient passer une phrase d'un roman de Marcel Proust pour un babillage d'un nourrisson de six mois. D'autre part, si vous ne connaissez pas Cédric Villani, n'hésitez pas à rechercher son nom dans Google. En plus d'être passionnant, le garçon est un bon client plutôt drôle.

L'objectif de l'ouvrage est multiple. La quatrième de couverture explique que le livre est "la genèse d'une avancée mathématique." Soyons sérieux un instant, celui qui veut comprendre a intérêt à s'accrocher pour comprendre comment évolue la réflexion des deux chercheurs. Malgré tout, par la description de la vie d'un chercheur en mathématique, autre but de ce livre, on comprend que c'est par la rencontre avec les différents confrères de différentes spécialités que le chercheur parvient à étendre son champ de vision et à l'adapter à son sujet de recherche. Autre aspect particulièrement intéressant, chaque chapitre est l'occasion de présenter un grand chercheur dont il est question au cours de ce chapitre. Le portrait est en fin de chapitre et bénéficie, en outre, justement, d'un portrait.

Du coup, dans ces quelques 270 pages, on apprend que le mathématicien n'est pas reclu dans un bureau, face à un tableau noir entièrement blanchi de formules barbares mais plutôt un grand voyageur qui va de ville en ville, de laboratoire en conférence dans le but de rencontrer d'autres personnes. Que le mathématicien n'est pas un genre de savant fou, autiste et imperméable au monde extérieur. Du moins pas tous puisque, visiblement, certains grands chercheurs ont fini par tourner la carte. Au final, Théorème Vivant est une réussite drôle, intéressante qui peut faire s'intéresser aux mathématiques le lycéen qui ne sait pas comment s'orienter ou le quidam de base qui veut en connaître plus sur la recherche.

Texte © Alfie's mec 2013.
Couverture : Théorème vivant, Cédric Villani, Éditions Grasset, 2013