club des incorrigibles optimistesDébut des années 60. La guerre d'Algérie fait rage. Le communisme du bloc de l'Est fait fuir les dissidents. Et à Paris, quelques joueurs d'échecs de l'Est se retrouvent dans l'arrière-salle d'un café auvergnat sous le regard du jeune Michel, de Sartre et de Kessel.

Alors que je savais que le temps allait me manquer pour lire de gros pavés, j'ai récupéré en vitesse dans mes étagères ce roman en espérant avoir le temps de l'achever avant de commencer le potassage de cours qui m'éloigne de ce blog, même si pour le moment vous ne vous en rendez pas compte (merci la programmation des billets !). Bien m'en a pris car voilà un livre qui se lit tout seul, avec une aisance déconcertante étant donné les sujets qu'il aborde : guerre d'Algérie, communisme dans le bloc de l'Est, évolution de la société française avec notamment l'accroissement des divorces...

Au fil de ce roman, on suit Michel, jeune ado parisien qui traversera ses années lycée aux côtés de ces hongrois, russes ou tchèques, immigrés plus ou moins clandestins qui font leur vie autour de pions noirs et blancs, au son du rock naissant, sous l'oeil désespéré de sa mère... Plusieurs intrigues se nouent, on s'interroge, on s'attache. Comme dans la vie, certains nous agacent par moment pour finalement nous faire totalement craquer. Et l'on finit par se demander ce qu'ils vont tous devenir, tant ils ont peu à peu pris de la place dans notre quotidien.

Et c'est peut-être sur la fin que le bât blesse. Igor, Léonid, Michel, Cécile, Franck et tous les autres ont fini par prendre une telle place qu'on aimerait en savoir plus, qu'on aimerait connaître leur destin, qu'on aimerait que Jean-Michel Guenessia nous donne les clés de leur destin... Je n'en dirai pas plus car je ne voudrait pas dévoiler les différentes intrigues du roman, mais c'est sur une note d'inachevé que j'ai refermé ce livre, sur une petite frustration de n'avoir pas eu les réponses à toutes mes questions. Et peut-être, plus ennuyeux, sans comprendre pourquoi je n'avais pas toutes les réponses...

Plus que pour ses intrigues, Le Club des Incorrigibles Optimistes est un roman qu'il faut lire pour l'atmosphère qu'il dégage, pour la société en métamorphose qu'il nous conte, à quelques encablures de mai 68 et de la libération sexuelle, pour l'Histoire qui s'invite entre les pièces des échecs. Et ce, malgré ce petit sentiment de manque qui me suit depuis que j'ai refermé ce roman...!

Texte © Miss Alfie 2012.
Édition présentée : Le Club des Incorrigibles Optimistes, Jean-Marie Guenessia, Éditions Livre de Poche, 2012, 729 pages.