john stoneParis, 1953. La mort de madame Robillard est lo'ccasion de le vieux Matthew Braddock de se souvenir des circonstances de sa rencontre avec la jeune veuve de John Stone, Lord de Ravencliff en 1909. En remontant le temps et à travers différentes voix, c'est l'histoire de John Stone qui sera dévoilée et les raisons de sa mort tragique.

Voilà un pavé qui prenait la poussière depuis quelques années dans mes étagères et dans lequel je me suis plongée avec délices. Impossible de vous qualifier ce roman qui navigue entre le roman d'espionnage, l'intrigue policière, le roman sentimental quand il n'est pas purement historique ! Iain Pears nous livre là une fresque que je qualifierai presque d'époustoufflante...

Divisé en trois parties, le roman nous fait remonter le temps par le prisme de trois personnages principaux : Matthew Braddock, jeune homme embauché en 1909 pour retrouver un fils caché de John Stone et permettre à la succession de se mettre en route, Henry Cort, homme de l'ombre de John Stone que l'on suivra dans les années 1890, et enfin John Stone lui même qui retracera sa vie depuis un voyage à Venise en 1867. Cette structuration narrative offre au lecteur les clés de compréhension de l'intrigue au fil des pages, tant et si bien qu'à la chute finale, on aurait presque envie de repartir au début pour mieux saisir toutes les subtilités des mystères de John Stone.

On pourrait peut-être regretter que le style narratif de chaque partie ne soit pas distinct et collé un peu plus aux personnalités des auteurs. Ceci dit, La chute de John Stone est aussi l'occasion de découvrir un univers guindé coincé par les convenances, où tout semble lisse mais dans lequel les masques tomberont peu à peu. Du coup, cette narration retranscrit assez bien l'aspect uniforme que l'on veut donner à voir au monde... En dehors de ce léger bémol, j'avoue ne pas avoir de grandes critiques à formuler sur ce livre qui devrait certainement entrer dans mon panthéon des lectures de 2012 tant j'ai été scotchée et bluffée par une chute que je n'avais pas vu arriver étant donné la densité de l'intrigue.

Un pavé qui ne doit vraiment pas faire peur aux amateurs de roman épique qui dépoussière le genre et nous laisse pantois !

Texte © Miss Alfie 2012.
Édition présentée : La Chute de John Stone, Iain Pears, traduit de l'anglais par Georges-Michel Saritte, Éditions Pocket, 2011, 917 pages.