SKJohn Wayne Cleaver, au-delà de s'appeler John Wayne, donc d'avoir un prénom à la con (sa soeur s'appelle Lauren Bacall) est le fils de la gérante de la morgue de Clayton County, petite ville du Midwest américain. Le garçon est vaguement sociopathe et se passionne pour les serial-killers. Jusqu'au jour où un meurtre violent se produit dans sa ville. Puis un autre. A chaque fois, un organe manque sur le cadavre. John Wayne se met alors en chasse du serial-killer local.

Je préfère vous prévenir, ça risque de spoiler méchamment dans la chronique. C'est indispensable pour que mon propos garde une certaine cohérence, déjà que c'est pas facile facile comme ça... Bon, ce petit livre sorti initialement chez Sonatine puis en poche, je l'ai acheté en même temps que Les vacances d'un serial-killer. Autant vous dire que la miss, me voyant revenir avec deux bouquins avec le mot "serial-killer" dans le titre, a vite pris un couteau de cuisine pour se défendre au cas où j'aurais des idées sordides. Le couteau de cuisine, c'est parce qu'elle a pris le premier truc qu'elle avait sous la main, hein, vu que je ne l'autorise à sortir de la cuisine que pour nettoyer la salle de bains et que, bon, là, la salle de bains était propre...

Bien, ce thriller s'annonçait sous les meilleurs auspices... Hé ouais, on écrit "auspices" !! "Hospice", c'est là où vous mettez votre mémé tétraplégique et à moitié aveugle pour qu'elle ne vous dérange pas pendant qu'elle meurt, bande de petits-enfants ingrats qui n'attendez que le chèque de Noël pour lui faire un bécot vu que bon, elle pique quand même un peu, mémé. Bien, que disais-je avant d'être grossièrement interrompu par moi-même ? Gna gna gna... sous les meilleurs auspices. Ah oui, le style est sympa, presque familier. John Wayne (le héros, pas le cow-boy républicain, essayez de suivre) est le narrateur de l'histoire (accessoirement, c'est à ce moment-là que je me rends compte que je ne déteste plus totalement les romans écrits à la première personne du singulier) et s'exprime donc de façon assez familière. Les traits d'humour et d'ironie sont sympathiques. La tension monte au fur et à mesure du livre jusqu'au dénouement. Bref, là-dessus, rien à redire.

En fait, là où le bât blesse... Hé ouais, on écrit "bât". "Bas", c'est que vous mettez sur vos guiboles pour être plus jolies et/ou avoir moins froid aux jambes. Ou pour vous travestir si vous êtes un homme. Bref... Alors... Là où le bât blesse, disais-je, c'est le scénario. Il est pas mal à un détail près. Dommage que le détail soit la clé de l'histoire, qu'il survienne grosso modo au milieu du roman et qu'il soit affreux et complètement nul. Notez que c'est à ce moment-là que ça spoile, il est toujours temps de vous dire que le roman est sympa mais qu'il y a un détail à la con qui m'a gâché le plaisir. C'est bon, ceux qui veulent rester sont toujours là ? Parfait. Alors, voilà, le détail à la con, c'est que le méchant, en fait, c'est un genre de loup-garou. Ah bah oui, je vous avais prévenu que c'était pourri. Sauf que, quand tu lis, tu te dis "hiiiin, mais l'auteur, il a voulu nous piéger, et en fait, [insérer les hypothèses qui vous viennent à l'esprit à ce moment-là]" et tu prends un air entendu en pensant à l'auteur qui, non non non, ne te la fera pas, pas à toi, parce que toi, t'es le meilleur et tu as levé le lièvre. Oué, sauf que non, cherche pas, le méchant, c'est VRAIMENT un loup-garou. Du coup, t'as un peu l'air con parce que tu t'es quand même fait avoir en pensant que l'auteur avait prévu un twist super classe et puis ben pas du tout, pas de twist. Du coup, l'aspect fantastique dans un polar de serial-killer, c'est aussi classe que... que... bon, là, j'ai pas de comparaisson un peu drôle sous le coude mais le fait est que j'ai moyen aimé ce détail. Ce qui relativement dommage puisque le personnage principal est bien foutu, que les personnages secondaires le sont tout autant et que le fond de l'histoire n'est pas mauvais. Et comme il s'agit du premier tome d'une trilogie, j'annonce d'ores et déjà que je m'arrête là. Pas envie de voir un deuxième tome avec des extra-terrestre et un troisième avec des morts-vivants.

Texte © Alfie's mec 2012.
Couverture : Je ne suis pas un serial-killer, Dan Wells, Éditions Pocket, 2012