24 heuresDans une pension sur la côte d'Azur, madame Henriette disparaît un soir. Il semble qu'elle ait choisi de quitter mari et enfant pour partir avec un jeune homme arrivé la veille. C'est l'occasion pour Mrs C. de choisir le narrateur comme confident.

Je vous en avais fait la confession au printemps dernier : je n'avais jusqu'à présent jamais lu Stefan Zweig. Il fallu la découverte de la bande dessinée de Laurent Seksik et Guillaume Sorel ainsi que l'écoute d'une émission de radio pour que l'envie de découvrir l'univers de cet auteur encensé se déclare en moi. Je me suis donc une fois de plus tournée vers ma libraire qui m'a mis plusieurs titres entre les mains, et j'ai finalement choisi de commencer par l'un des romans-nouvelles de Zweig les plus célèbres, Vingt-quatre heures de la vie d'une femme. Tout ce que j'avais pu en lire me faisait penser que j'aurai à faire à un écrivain qui parlait de passion et qui avait réussi à faire parler une femme tout en sensibilité.

Cette dernière phrase pourrait résumer à elle seule ma pensée à l'issue de cette courte mais néanmoins intense lecture. Stefan Zweig possède en effet un réel talent pour parler des sentiments et notamment de la passion. Cependant, il convient de préciser qu'il aborde la question de la passion par deux prismes, celui de la passion amoureuse et celui de la passion du jeu. J'ai trouvé ce parallèle très intéressant car il nous rappelle notamment que ce qui n'était pas encore nommé comme "addiction au jeu" existait déjà, avec les dégâts que l'on peut connaître. Zweig réussit également à nous montrer comment, dans un cas comme dans l'autre cette passion qui apporte des instants de bonheur intenses peut provoquer une chute vertigineuse.

Cette histoire nous amène également à nous replonger dans une époque, lorsque les femmes devaient encore se plier aux convenances de la société, risquaient d'être mise au ban de la dite société au moindre écart de conduite, où la liberté entre les êtres n'était finalement que très relative. J'ai aimé le long monologue de Mrs C, ce monologue au cours duquel une vieille femme vient confier au narrateur ces fameuses vingt-quatre heures qui changèrent sa vie. L'écriture de Zweig retraduit bien toue la pudeur de cette femme qui ressent le besoin de raconter ce passage secret de sa vie, craignant pourtant que son interlocuteur ne puisse peut-être la juger, éprouvant parfois quelques difficultés à dire ces choses si longtemps tues.

Incontestablement, Stefan Zweig mérite les éloges dont on le couvre et je crois qu'il ne me reste plus qu'à retourner à la librairie trouver d'autres titres pour m'enfoncer un peu plus dans les pages de cet auteur.

Texte © Miss Alfie 2012.
Édition présentée : Vingt-qutre heures de la vie d'une femme, Stefan Zweig, traduit de l'allemand par  Olivier Bournac et Alzir Hella, révision de Brigitte Vergne-Cain et Gérard Rudent, Éditions Livre de Poche, 2011, 159 pages.