la capitanaEn 1902, dans une petite colonie de Juifs en Argentine, naît Michaela Feldman. Plus connue sous le nom de Mika Etchebéhère, son nom d'épouse, Michaela connut un destin hors du commun, combattant notamment pendant la guerre d'Espagne. A ses côtés, son mari, Hippo...

L'an dernier, les conseils de ma libraire m'avaient poussé à découvrir Elsa Osorio à travers Luz ou le temps sauvage. Lorsque j'ai vu La capitana, j'ai une fois de plus fait confiance à ma libraire qui m'a dit que cet ouvrage basé sur l'histoire d'un personnage réel pourrait bien me plaire. 

Parce qu'il y a dans ce livre des éléments qui m'ont gêné, je vais commencer par eux, histoire de finir sur une note positive et vous donner malgré tout envie de découvrir ce livre ! Déjà, j'avais oublié le style d'Elsa Osorio, ce style narratif qui nous promène entre différentes périodes, différents narrateurs. On passe du "elle" au "nous" en passant par le "tu", créant ainsi une complicité entre l'écrivain et Mika tout au long des épisodes de sa vie. La narration fait fi de l'ordre chronologique, mais ce n'est qu'une fois terminé ce roman que j'ai saisi l'intérêt de ces allers et retours dans le temps et dans l'espace. Ceci dit, grâce à la localisation dans le lieu et le temps qui nous est fournie au début de chaque chapitre, sur ce point, on ne se perd pas !

L'autre élément qui m'a un peu gêné est l'omniprésence de la guerre. Vous allez me dire que pour une femme révolutionnaire qui fut Capitaine pendant la guerre d'Espagne, cela n'a rien d'exceptionnel ! Mais justement, la moitié des chapitres doit concerner la guerre d'Espagne justement. Mais pas les origines de la guerre d'Espagne, plutôt les combats que vont s'y livrer les forces en présence ! J'ai d'ailleurs été obligée de me refaire un petit rappel de cette période de l'Histoire car les forces s'opposant sont parfois tellement nombreuses, y compris au sein de chaque camps, que j'étais un peu perdue.

Ceci mis à part, on pourrait presque lire la postface d'Elsa Osorio avant de cmmencer l'ouvrage. On y apprend son parcours autour de l'histoire de Mika, des années 80 lorsqu'on lui parla pour la première fois de cette figure révolutionnaire alors encore vivante, jusqu'à la rédaction à la fin des années 2000 de son roman. Car plus qu'une biographie, c'est un roman que nous livre Elsa Osorio, l'histoire d'une femme militante, engagée, passionnée, l'histoire d'une femme dont on comprend à la fin pourquoi elle n'hésita pas à monter au front en Espagne, elle l'Argentine installée à Paris après un séjour à Berlin.

Polyglotte, Mika Etchebéhère est une femme au destin hors du commun, qui réussit à survivre à bien des épreuves. La plume d'Elsa Osiorio nous entraîne à la découverte d'une figure méconnue de l'histoire des révolutions et du communisme au vingtième siècle. Une biographie digne d'un roman... Ou quand la réalité rejoint la fiction, à moins que ce ne soit l'inverse...

Texte © Miss Alfie 2012.
Édition présentée : La Capitana, Elsa Osorio, traduit de l'espagnol (Argentine) par François Gaudry, Éditions Métaillé, collection Bibliothèque hispano-américaine, 2012, 333 pages.