syndccouvLe 10 juin 1944, les troupes allemandes perpètrent le massacre d'Oradour-sur-Glane. Dans ce petit village, un petit garçon, Victor Granger, survit au massacre par l'entremise d'un homme qui s'interpose entre lui et les balles des Allemands. Soixante ans plus tard, Victor est devenu théologien. Quand il voit la photo de son sauveur dans un article d'une revue scientifique, il se prend à penser que cette personne relève de la légende biblique.

Faisons une petite introduction car je sais que vous adorez mes petites introductions, surtout quand elles parlent des éditions Soleil. Donc, ces éditions ont sorti une collection spécifique, Terres Secrètes. Dans cette série sont sortis en particulier une série de one-shots, Corpus Hermeticum, que je n'ai pas lus. Dans la série, il y eut également la XIè Plaie, début d'histoire dont deux tomes sont sortis et puis plus rien parce que les éditions Soleil ont la brillante habitude d'arrêter les séries en cours sous prétexte qu'elles ne marchent pas terrible. Alors que la XIè Plaie, c'était franchement pas mal, mais bon, passons. Et il y a aussi le Syndrome de Caïn, histoire complète en six tomes, histoire dont le personnage central est, vous l'aurez deviné avec un minimum de perspicacité, Caïn, condamné par Dieu à errer sur la Terre après le meurtre d'Abel.

syncaiplLe scénario est touffu, parfois même un peu compliqué à suivre. Il y a les scientifiques qui cherchent une source d'énergie propre, l'Eglise qui cherche Caïn pour l'éliminer et, entre les deux, un obscur groupe de personnes qui cherche à récupérer des éléments visant à reproduire la production d'énergie à des fins pas très très avouables. Des gentils, des méchants, des intermédiaires, des traîtres, bref, tous les ingrédients classiques d'un polar classique. Sauf que là, on a parfois du mal à reconnaître des personnages (je reviens plus loin sur les dessins), que les évènements s'accumulent à parfois en perdre le fil, d'autant que viennent s'insérer dans le fil des flashbacks historiques qui rajoutent un élément au scénario au travers du personnage principal. Rajoutez derrière les congrégations diverses, les espions de divers pays, les filets d'ésotérisme et d'alchimie et vous avez un truc bien bien compliqué à suivre. D'autant que la fin est un peu hâtive et un peu à peine caricaturale.

Parlons donc un peu des dessins. Comme dit plus haut, on a deux couples de personnages qui se ressemblent ce qui ne facilite pas la compréhension. De plus, les personnages ont la caractéristique essentielle d'être aussi expressive qu'une huître atone. C'est bien simple, que les mecs soient heureux ou en colère, le visage ne trahit aucune émotion. Par exemple, sur la planche en illu, au milieu à droite, le monsieur avec les cheveux blancs est colère et le gamin en bas vient de voir mourir son sauveur. Avouez que c'est pas trépidant, hein... Heureusement, le dessinateur a dessiné des larmes quand il fait pleurer son personnage, nous voilà sauvés. Les paysages sont mieux réussis mais vachement moins présents donc ça rattrape moyen la chose. Au final, on a une série qui aurait pu être sympa si les dessins avaient été mieux foutus et le scénario plus simple. Là, on a un truc touffu et fadasse. Une série pas trépidante, donc. A lire une fois et pas impérissable.

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Texte © Alfie's mec 2012.
Couverture et planche : Le Syndrome de Caïn (T. 1), Tackian / Mutti, Éditions Soleil, collection Terres Secrète, 2007 et suiv.