le dernier coyoteAlors que Los Angeles se relève d'un gros tremblement de terre, Harry Bosch profite de sa mise à pied de la police pour tenter de reconstruire coûte que coûte sa maison vouée à la démolition entre deux rendez-vous chez la psy de la police. Rapidement, avec cette dernière, il comprend que ces vacances forcées sont peut-être l'occasion de résoudre une enquête qui le hante depuis son enfance.

Prendre un Connelly, c'est presque s'assurer une bonne enquête policière et pas ou peu de déception. Le dernier coyote ne fait pas exception à la règle et m'a, en plus, permis de remettre en l'ordre deux-trois éléments qui me manquaient quand j'avais lu Le cadavre dans la rolls.

Dans cet opus, Harry est exclus de la police suite à une altercation plutôt violente avec son chef Pounds. Il en profite donc pour remonter dans son propre passé et tenter d'élucider le meurtre de sa mère, morte lorsqu'il avait 10 ans. Le dernier coyote nous donne donc quelques clés de compréhension supplémentaires et Michael Connelly poursuite la construction psychologique de son personnage central. Si Harry Bosch reste un inspecteur solitaire, ouvrant facilement une bière en fin de journée, aux aventures féminines plus ou moins concluantes, et aux méthodes parfois plus que discutables, il n'en demeure pas moins un personnage attachant avec une réelle consistance. L'histoire personnelle que lui construit Michael Connelly permet de comprendre ses réactions, de l'appréhender dans un contexte, dans un tout, et c'est très certainement ce qui fait sa force.

Par ailleurs, l'intrigue en elle-même répond aux "exigences" en la matière. Connelly nous mène en bateau jusqu'aux dernières pages, multipliant les suspects et les fausses pistes jusqu'au rebondissement final. Rien de bien surprenant quand on a déjà lu quelques titres de cet écrivain, si ce n'est qu'il nous dévoile un peu plus les liens étroits qui peuvent exister entre politique et justice aux Etats-Unis.

Avec Le dernier coyote, Michael Connelly nous livre un polar conforme à ses habitudes et ses classiques. Habilement mené, il se lit avec une facilité déconcertante et offre au lecteur une vision plus globale du personnage principal de ses écrits. Rien d'exceptionnel, mais un très bon moment tout de même !

Texte © Miss Alfie 2012.
Édition présentée : Le dernier coyote, Michael Connelly, traduit de l'anglais (américain) par Jean Hesch, Éditions Seuil, Collection Points policier, 2000, 488 pages.