intuitionsLa famille Royer vit paisiblement dans son pavillon cossu de banlieue. Monsieur est avocat, madame tient une petite agence immobilière, Gégroire, l'ainé, termine ses études à New York tandis qu'Amélie se rebelle contre le conformisme familial. Mais leur belle apparence va se fissurer quand Grégoire annonce à ses parents son mariage...

Intuitions me semble le roman à mettre entre les mains de votre copine qui râle qu'elle n'arrive plus à lire et qu'elle se trouve en panne de lecture. Oui, comme les écrivains se trouvent en panne d'inspiration, les lecteurs connaissent souvent des pannes de lecture : rien ne nous contente, toutes les quatrièmes de couverture nous semblent insipides, et même en s'octroyant une virée en librairie, rien ne nous satisfait. Dans ce cas, et pour y remédier, il convient de trouver un roman relativement court mais plutôt prenant qui vous embarque pour quelques heures de lecture et vous redonne le goût de l'intrigue.

Si j'avoue avoir été un peu surprise de la précision quasi chirurgicale avec laquelle Dominique Dyens nous présente ses personnages, je suis malgré tout très rapidement rentrée dans cette histoire qui nous embarque aux frontières de la folie, aux côtés d'une famille qui a enfouit ses secrets derrière la porte close de ce que les enfants imaginent être un cagibi. L'auteur joue avec les narrateurs, nous promenant entre la mère, le père, le journal intime de la fille et même les pensées du fils. Chacun y va de sa frustration contenue, personne n'ose se dire les choses, car il faut croire que dans ses familles là, la forme prime sur le fond.

Relativement court, Intuitions est habilement mené et Dominique Dyens réussit à instiller une dose suffisante de suspens pour donner une touche noire à son roman. Certains qualifieront peut-être le roman de "facile", j'avoue avoir accepté cette facilité et m'être laissée porter aux côtés de personnages que je n'ai pu abandonner que tard dans la nuit...

Texte © Miss Alfie 2012.
Édition présentée : Intuitions, Dominique Dyens, Éditions Héloïse d'Ormesson, 2011, 186 pages.