TDGCOUVCe matin de juillet 1910, ils sont plus de cent à se presser au départ du Tour de France cycliste. Quatre semaines plus tard, seuls 41 rescapés en franchissent la ligne d'arrivée. Entre-temps, ils ont enduré la pluie, la boue, la poussière, les chutes, les sabotages et les sempiternelles "perçures" sur les chemins de terre... Une épopée démesurée, émaillée d'humour et de drame qui évoque un autre temps : celui des Géants de la Route.

Hey, les copaings, rappelez-vous, vous aviez adoré quand je vous avais parlé de cyclisme. Mais siiii, rappelez-vous, je vous avais parlé d'un héros d'avant-guerre et de sa descendance. Là, le Tour de France vient de commencer. Après l'Euro et avant les JO, c'est génial, hein ?? Donc le Tour de France, on y revient avec Le Tour des Géants, conseillé par mon dealer parce qu'il s'agit du même auteur que L'Invention du Vide dont je vous ai parlé la semaine dernière. Le Tour 1910, 4 735 km, la découverte des Pyrénées et du Galibier, bref, le début des grandes épopées... Pour le dessin, même remarque que la semaine dernière. D'un autre côté, à vingt ans près, on est dans la même période. Donc, on retrouve le même graphisme, les mêmes visages anguleux. On reprochera peut-être de ne pas trop différencier les différents cyclistes mais c'est anecdotique dans la mesure où la légendre vient toujours expliquer de qui on parle.

TDGPLEn revanche, sur le fond, j'ai été assez déçu par l'histoire que je juge traitée trop superficiellement. Quinze chapitres pour autant d'étapes, rajoutez une petite préface et un épilogue, traiter tout ça en 75 pages est un peu court. Chaque chapitre est un court résumé de l'étape qui s'attarde sur un point (la volonté de Desgrange d'augmenter la difficulté du Tour, les sabotages ou le dopage de l'époque) sans jamais trop rentrer dedans. L'épilogue rappelle également que les deux protagonistes principaux de ce Tour sont morts lors de la Grande Guerre. J'aurais aimé que l'auteur s'attache à un ou quelques éléments bien spécifiques de ce Tour de France comme le Tourmalet ou justement les coureurs lors de la Première Guerre Mondiale. Un ouvrage sympathique, sans plus, dommage.

Edit du 22 septembre 2012 : J'ai rencontré Nicolas Debon sur le salon du livre des Mots Doubs de Besançon. Outre le fait que le garçon est sympathique, ouvert sur son travail et patient avec les visiteurs, je suis en mesure de vous apporter quelques précisions sur la technique de travail. Il s'agit en fait d'un mélange de plusieurs techniques, gouache et crayons de couleur en particulier. De plus, je viens de relier ma chronique. Je la trouve assez sévère, surtout la dernière phrase. Je pense qu'elle est maladroite. Je veux dire que les chapitres étant relativement courts, l'auteur n'a pas le temps de développer suffisamment le thème abordé, que ce soit le dopage ou la direction de course. Le Tour des Géants reste un ouvrage graphiquement très chouette et bien intéressant.

Logo BD Mango Noir
à l'initiative de Mango !

Texte © Alfie's mec 2012.
Couvertures et planches (cliquer pour agrandir) : Le Tour des Géants, Nicolas Debon, Éditions Dargaud, août 2009