a_la_trace_0Milla est une mère de famille un peu paumée quand elle décide de changer radicalement de vie pour s'engager dans une agence nationale de renseignement. Lemmer est un baroudeur qui se retrouve un peu contre son gré embarqué dans un transport de rhinocéros noir. Lukas Becker est un archéologue qui se met à fréquenter dangereusement les gangs noirs de la banlieue de Johannesburg. Max Joubert a quitté la police et est devenu privé. Sa première enquête consiste à rechercher un cadre d'une compagnie de transports en commun. Ces quatre personnes ont forcément une histoire en commun, une histoire de trace(s).

C'est moche, la déception, hein ? Vous savez, ce sentiment qu'on ressent quand on attend beaucoup de quelque chose et qu'à la fin, on se retrouve avec un truc limite banal. Ben voilà, vous savez ce que je ressens après avoir fini A la trace. Faut dire que la première partie (le livre est découpé en quatre parties abordant chacune un personnage) ne fait rien pour attirer le chaland. C'est dense, y'a plein de personnages, y'a un complot avec des méchants, des cibles, des intermédiaires, des acheteurs, des vendeurs, des terroristes, des gangs, bref, c'est parfaitement imbittable. Au point que j'ai dû me faire un marque-ta-page sur la page qui daignait faire un petit récap de la situation. Je me suis même fait une petite fiche avec les persos essentiels et leur but dans la vie. Quand j'ai du mal à saisir le truc de l'histoire, je suis pas hyper réceptif. Ca, c'est pour la première partie.

La deuxième partie est déjà plus abordable. Racontée à la première personne, elle est fluide, dynamique, drôle par moments et elle finit par raccorder à la première partie sur la fin. Autre atout, les petites accroches des chapitres, tirées d'un bouquin sudaf sur le pistage. Rigolo et en rapport avec l'histoire. Troisième partie, on replonge dans les éléments de la première partie. Donc touffu, velu, tout ça. Avec un nouveau perso en plus dont l'intérêt final me semble assez limité. Dernière partie, on se retrouve plusieurs mois après. Avec un nouveau personnage. Et une recherche qui n'en finit pas et qui tarde à se raccorder avec le reste. Alors ça raccorde avec la première partie. Et la deuxième partie vient se raccorder dans l'épilogue. Bref, la fin est un peu rapide.

Raconté comme ça, ça donne pas forcément envie, hein ? Je peux comprendre. Encore une fois, j'en avais entendu du bien à la radio (ou la télé, je ne sais plus). Certaines chroniques de presse étaient très bonnes. Et des blogueuses m'en ont dit du bien. Donc, c'est un peu comme si je m'attendais à un magnifique plat de tagliatelles aux truffes et que je me retrouve avec des coquillettes aux champignons de Paris avec un coup de spray senteur truffe pour tromper l'adversaire. Alors, les coquillettes aux champignons de Paris, faut pas croire, c'est bon. Mais on s'attend à mieux. L'intérêt du livre tient dans la description de la société sud-africaine. C'est suffisamment rare, un bouquin qui se passe en Sudafriquie qu'il convient de le signaler. Autant dire que ça se serait passé dans la banlieue new-yorkaise que j'aurais beaucoup plus taillé le bouquin. Mais des rhinocéros noirs dans la banlieue de NY, ça court pas les rues. Donc, voilà, c'est bien, comme polar mais c'est non plus foooooooormidable. Bien. Sans plus. Avec une fin qu'elle est bien comme elle rebondit mais elle aurait mérité de rebondir plus longtemps et sans doute plus loin. Mais bon. On peut pas tout avoir. Les champignons de Paris, c'est bon quand même.

Texte © Alfie's mec 2012.
Couverture : A la trace, Deon Meyer, Éditions Seuil Policiers, février 2012