ENCHCOUVAlors qu'on donne une réception dans les salons du Louvre en l'honneur d'un responsable politique, ce dernier s'éclipse et erre dans les couloirs du musée. Il finit par rencontrer une jeune femme mystérieuse qui va lui servir de guides entre les oeuvres de ce lieu prestigieux.

Il y a deux semaines, la chef m'a demandé une chronique BD. J'avais rien sous le coude. Donc j'ai repris un ouvrage que j'avais lu à sa sortie, soit en août 2011, une petite lecture rapide et hop, apte à faire la chronique. Et je l'ai pas faite. Bon, rassurez-vous, je me suis fait frapper comme il se doit, "tu me saoûles à vouloir faire une chronique BD par semaine et voilà, t'es pas foutu de la pondre en temps et en heure, tu commences vraiment à me courir sur le haricot !!" Outre le fait que la chef utilise donc des expressions éculées et risibles (comme le "ça commence à me casser les cacahuètes !" qu'on m'a sorti au boulot), elle est donc très à cheval sur les obligations. Du coup, après une chronique BD dépressivo-suicidaire la semaine dernière, voici un truc un peu plus léger. Beaucoup plus léger, même. Comme ça, hop, chronique du mercredi, c'est fait.

ENCHPLBien, l'idée de ce bouquin est de raconter une histoire au milieu du Louvre et de ses oeuvres. Idée intéressante, résultat moyennement abouti. Pas tant sur le dessin, agréable. Il retranscrit bien l'atmosphère crépusculaire et donne aux lieux une couleur particulière. Les personnages sont intéressants et expressifs. Enfin, les oeuvres du musées sont bien mises en valeur et on notera quelques bonnes idées de mise en scène des personnages secondaires avec leur décor.

Non, en fait, ça pêche plus sur l'histoire, un peu creuse et qui finit par tourner en rond. On ne sait rien de cette demoiselle rencontrée dans les hasards des couloirs, on la devine muse ou guide vers de nouveaux horizons. C'est sans doute une volonté de l'auteur de laisser le mystère et/ou la poésie opérer mais, ça laisse un peu sur sa faim. De même, à force de tourner dans le musée pour échapper à la vigilance des gardes, on a plus à faire avec une visite des lieux qu'à une véritable histoire. L'histoire est plus un argument pour faire une visite (trop) rapide des lieux sympathiques de ce musée magnifique.

Au final, cet enchantement en est sans doute un pour le personnage principal mais pas vraiment pour le lecteur qui finit par s'ennuyer progressivement des aventures un peu creuses de ce vieil homme et de cette jeune femme perdus au Louvre. Evitable, donc.

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Texte © Alfie's mec 2012.
Couverture et planche : Un enchantement, Christian Durieux, Éditions Futuropolis / Louvre Editions, 2011