Rosa candidaQuelques mois après le décès de sa mère et la naissance de sa fille, Arnljotur prend la route du sud avec quelques boutures de rose pour aider à la restauration d'une roseraie mythique.

J'en ai mis du temps, avant de me laisser convaincre de me plonger moi aussi dans un roman sur lequel j'avais vu passer moult articles chez les copinautes. Ma libraire sera revenue plusieurs fois "à la charge" en m'invitant sincèrement à tenter le coup. Et puis finalement, sa sortie en poche m'aura donné l'opportunité de me plonger dans un roman qui aurait fait, si j'en crois le bandeau orange ajouté par l'éditeur, déjà 100000 heureux...

Au final, je ne regrette pas d'avoir tenté le coup et de m'être plongée dans ce roman. Audur Ava Olfasdottir nous livre ici une sorte de conte initiatique. En suivant Arnljotur dans son road movie vers le monastère qui abrite la roseraie, au fil des rencontres qui vont parsemer son chemin, grâce à l'arrivée de la mère de sa fille et de cette dernière, le jeune homme va peu à peu apprendre. Apprendre à vivre. Apprendre à aimer. Apprendre à se confier. Apprendre le quotidien.

Ces quelques centaines de pages sont aussi le récit d'un deuil, celui d'une mère morte accidentellement et bien trop rapidement. On découvre un père qui ne sait vivre sans son épouse et doit lui aussi ré-apprendre, un frère jumeau autiste qui perçoit les choses sans pouvoir les décrire ou les exprimer, et un fils qui va devoir faire entendre à son père que le jardinage n'est pas qu'une passion du dimanche.

A travers les rencontres que le jeune islandais va faire, à travers ses conversations avec son père resté au pays, dans un pays qui ne sera jamais cité, on apprend le passage dans l'âge adulte, la responsabilité d'être parent, le poids de la transmission, le tout dans un récit délicat et poétique, aussi doux que les pétales de la Rosa Candida.
Une très belle découverte, tout en subtilité.

Texte © Miss Alfie 2012.
Édition présentée : Rosa Candida, Audur Ava Olafsdottir, traduit de l'islandais par Catherine Eyjolfsson, Éditions Points, 2012, 333 pages.