9782264057068Thomas Karlsson était le bouc-émissaire de sa classe en école maternelle. Ses petits camarades lui faisaient subir les sévices les plus humiliants ou violents. Près de quarante ans plus tard, alors qu'il croise par hasard un de ses anciens tortionnaires, il engage sa vengeance en l'assassinant sauvagement et se met à la recherche des autres camarades violents. De son côté, le commissaire Sjöberg découvre le corps de Hans Vannerberg, la première victime et se met à la recherche de l'assassin.

J'avais entendu parler de ce bouquin dans une petite revue publicitaire axée polar. Le sujet, un jeune avec une enfance difficile qui se met à se venger plus tard, me semblait vachement bien. La miss l'a trouvé en format poche et je me suis lancé là-dedans plein d'enthousiasme. Vite douché.

Pourtant, ça commence bien. Les premiers chapitres sont bien écrits, posent parfaitement le décor et la construction de la vengeance. Après, ça devient un peu n'importe quoi. On a le droit à des longues digressions sans intérêt et sans lien avec l'affaire. Pourquoi ? Parce que l'auteur n'a rien à dire ? Parce qu'il ne sait pas comment faire avancer son schmilblick ? Je ne sais pas mais c'est bien pénible de lire les élucubration du commissaire avec ses mômes ou un long échange entre lui et sa femme sur une énigme en forme de test psycho. Et quand les enquêteurs progressent, c'est sur un malentendu ou sur des idées perspicaces de la femme ou la belle-soeur du commissaire et l'enquête. Accessoirement, l'interrogatoire du suspect dans son appartement est assez navrant et caricatural.

On a le droit à une affaire parallèle avec une des lieutenants du commissaire, affaire banale et réglée à la fin sans lien avec le dossier principal. L'idée aurait pu être vachement bien foutue si on liait les deux affaires à la fin mais, là, non. Au contraire, on a le droit à un dénouement abracadabrantesque assez mauvais, avec (spoil) un personnage sorti de nulle part que t'as intérêt de t'en être souvenu à la lecture du premier chapitre (/spoil), et surtout, un épilogue pathétique de bons sentiments. Pour en revenir à l'écriture, autant les premiers chapitres sont plutôt bien foutus, autant la suite est, je trouve, relativement mal écrite. Les dialogues sont en particulier pas franchement terribles.

Bref, La maison en pain d'épices est un thriller assez mauvais, relativement mal écrit dont le thème plutôt intéressant au départ est mal exploité et mal conclu. Si vous ne l'avez pas sous le coude, tant mieux. Si vous l'avez dans vos prochaines lectures, maintenant, vous ne l'avez plus. Non, vous ne le lirez pas, c'est mal.

Texte © Alfie's mec 2012.
Édition présentée : La maison en pain d'épices, Carin Gerhardsen, traduit du suédois par Charlotte Drake et Céline Bellini, Éditions 10/18, 2011, 334 pages.