La page blancheEloïse est assise sur un banc. Depuis quand ? Que fait-elle là ? Qui est-elle ? Autant de questions qui tournent en rond dans sa tête qui semble vide de tout souvenir...

C'est de la curiosité pure qui m'a poussé à me plonger dans ce roman graphique écrit par deux auteurs de BD plus ou moins connus des internautes : Boulet et Pénélope Bagieu. J'avais traîné à une époque sur le site de cette dernière mais n'avais jamais lu ses précédents ouvrages. C'était donc l'occasion car je trouvais le concept sympa...

Côté dessin, je n'ai pas été déçue. J'aime le trait assez fin, naïf et très coloré. J'aime la mise en page, ces pages blanches qui séparent les chapitres, aussi vides que la mémoire d'Eloïse. J'aime ces planches qui évoquent l'égarement de l'héroïne et ses recherches.

Bon, par contre, là où ça pèche un peu plus beaucoup, c'est sur l'histoire. Le concept est là, l'idée est bonne, mais alors, j'ai trouvé que ça manquait d'envergure, que les deux auteurs auraient pu aller plus loin dans la dénonciation d'une société de la copie, du conformisme, dans leur évocation d'une société de consommation qui semble essentiellement caractérisée par les meubles Ikea, les livres de Marc Levy et les DVD de séries américaines... Disons surtout que cet aspect apparaît un peu tard... Ou du moins je ne l'ai ressenti que sur la fin, après de nombreuses pages d'errances en me demandant si on n'allait pas virer dans une BD de SF ou un truc totalement médical...

Alors peut-être les auteurs voulaient-ils explorer tous ces univers... Mais du coup, j'avoue que cette première rencontre littéraire avec Pénélope Bagieu et Boulet ne s'avère pas franchement franchement concluante...

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Texte © Miss Alfie 2012.
Édition présentée : La page blanche, Boulet et Pénélope Bagieu, Éditions Delcourt, Collection Mirages, 2012, 200 pages.